Vide grenier #17

photo 3(1)

Dimanche dernier (eh oui une semaine de retard je m’en excuse), Eugénie et moi sommes allées visiter la brocante des Carmes comme à l’habitude. Et nous ne sommes pas rentrées bredouilles. Pas moins de 5 articles dans ma besace. Lesquels ? Eh bien trois Tshirts et un pull (ci-dessus) pour 3,50€ et des ballerines mais pas n’importe lesquelles, des Repetto. La négociation fut de longue haleine, partant de 20€, la vendeuse revêche est allée jusqu’à 15€ mais n’a pas voulu entendre parler de 12€. Pas de regrets cependant, sachant que dans le commerce ces chaussures valent juste 120€. Une trouvaille improbable et élégante !

Ballerines à tout prix

et-dieu-crea-la-femme-1956-07-g

Pour la petite histoire…

Sa naissance, comme chaussure de ville, se situe en 1956. On s’arrache la Cendrillon de Repetto, arborée par Bardot dans Et Dieu créa la femme. Les snobs, elles, préfèrent la Ferragamo d’Audrey Hepburn, avec son talon pastille. Avec un corsaire, une robe noire ou un jupon vichy, de Saint-Trop’ à Capri en passant par Saint-Germain, un vent de juvénilité gracieuse souffle sur les pieds des sixties. Quand on était condamnée aux « kitten heels » dadame, du plat, du souple, le bonheur !

Après un passage à vide (trop sage pour les seventies, trop BCBG pour les eighties), la ballerine revient en force dans les années 2000. Merci qui ? Kate Moss, bien sûr, qui avec un slim ou un short, en fait un élément de son personal branding. Et la réhabilite sans doute pour l’éternité. Depuis, des petons des maternelles aux 41 fillettes d’Elle Macpherson, elle est devenue un classique, voire un basique, sans cesse revisité : cloutée, pailletée, fluo, Liberty, à museau de chat…, on en passe ! Elle trottine volontiers du très luxe – la Chanel bicolore ou la Lanvin – au très cheap – sa cousine à 10 euros, un peu odorante mais chérie des teens.

Les icônes du genre

Kate, donc, et toutes les it girls un peu bobos, Sienna Miller, Katie Holmes entre autre mais plutôt les jours de repos, dorénavant. Sofia Coppola, qui ne sort jamais sans ses Marc Jacobs. Carla Bruni, depuis qu’elle est une (première) dame.

En bref

Que ce soit des ballerines de marques cultes telles que Repetto et forever, ou des petits spécimens à 10€ trouvées chez Deli’shoes, on s’arrache les ballerines. Quelques concurrents sérieux comme le mocassin et les tongs (seulement en été) tentent de les détrôner mais sans succès. Le confort absolu et la féminité en plus, que demande le peuple ?

Source : Madame Figaro

Repetto à la pointe du succès

Repetto-Shoes-Ballerines

Source : l’Express style

Les ballerines colorées, créées en 1947 by Rose Repetto, son devenues l’emblème de la marque.

La griffe de chaussons de danse et de ballerines branchées étoffe son offre en lançant une ligne de sacs.

Avec des airs de Raminagrobis ronronnant de satisfaction, Jean-Marc Gaucher sort du tiroir de son bureau une pièce à conviction jaunie: le catalogue Repetto 1999, année où il a racheté cette marque au bord du dépôt de bilan. Le dépliant met en scène des « chaussures de vieilles dames aux pieds sensibles », comme il les qualifie pudiquement, pour ne pas dire des mocassins incroyablement ringards. C’est cette griffe exsangue que Gaucher, auréolé de l’implantation à succès de Reebok en France, décide alors de remettre en selle. Jackpot: en dix ans, le chiffre d’affaires a été multiplié par huit. La griffe de danse, marquée au sceau d’un « made in France » désormais très en vogue, est plus en forme que jamais, et les magasins se multiplient: deux ouvriront ce printemps à Paris, et une vingtaine en Asie d’ici à l’été. 

Et Dieu créa la femme

« Repetto est avant tout une marque de danse, surtout pas de mode », rappelle Jean-Marc Gaucher, 58 ans, lui-même plus adepte de course à pied que d’entrechats. En 1947, Rose Repetto dessine un chausson de danse pour son étoile de fils, le danseur et chorégraphe Roland Petit. Qui lui adresse vite ses copains Noureïev et Béjart. En 1956, Brigitte Bardots’apprête à tourner Et Dieu créa la femme pour Roger Vadim et veut « une chaussure dénudée, qui laisse apercevoir la naissance des orteils ». La ballerine de rue est née. Dans les années 1970, Gainsbourg ne quitte pas ses Zizi, modèle créé par Rose Repetto pour sa belle-fille, Zizi Jeanmaire. Quand la fondatrice décède, en 1984, l’entreprise périclite. 

Les codes de la danse détournés

De ce fantastique héritage, l’imaginaire de la danse – une madeleine pour des générations de femmes -, Jean-Marc Gaucher a fait un génial outil de marketing. Le département danse de la griffe est dirigé par une ancienne danseuse de Béjart et Marie-Claude Pietragalla. « Pour chaque paire de chaussons vendue à l’Opéra de Paris, on perd de l’argent, car le sur-mesure coûte très cher, explique le dirigeant, mais c’est crucial pour notre image. » Dans la boutique amirale de la rue de la Paix, de vraies barres de danse sont fixées devant les miroirs. Et, pour le reste de la gamme, non professionnel, les codes de la danse sont toujours là, quitte à être détournés. Ainsi, les formes des chaussures – même à talons, une fantaisie autorisée depuis deux ans – doivent toujours être inspirées de la danse, tango, samba, mérengué ou jazz. Et la ligne de sacs qui sera lancée en mai a été conçue avec des danseurs de l’Opéra de Paris.