La trilogie du jardin d’hiver

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Un peu de lecture...

J’avais déjà parlé de cette suite de livre dans un précédent article lecture portant sur Un rire inexplicable. Alice Thomas Ellis n’est pas devenue mon auteur préférée mais j’ai tout de même fait une petite recherche à la médiathèque Radio France afin de trouver ces trois romans. Comme ce n’était pas stipulé, j’ai cherché l’ordre avec lequel je devais faire mes lectures. Voici l’ordre :

Tome 1

L’histoire : Margaret est une jeune femme un peu perturbée. Revenue d’Égypte où elle a vécu un amour déchu, elle épouse Syl par dépit et un peu aussi par devoir par rapport à sa mère Monica, qui la pousse dans cette union mal assortie. Lili et son mari Robert arrivent quelques temps avant la cérémonie. Avec son tempérament de feu, Lili va faire bouger le peu d’équilibre de la situation. Elle va souvent voir la mère de Syl, Mme Monro, vieille dame mal aimée faisant un bilan de sa vie.

Tome 2

Ce qui est bien avec cette trilogie, c’est de pouvoir apprécier une histoire racontée de trois points de vue différents avec bien entendu quelques révélations de la part de chacun des narrateurs internes. Margaret, puis Madame Monro et enfin Lili nous racontent leurs sentiments, leurs émotions et leurs petits tracas les unes après les autres. Ces trois femmes de différentes générations voient bien entendu les événements avec des angles spécifiques et la plus fraiche des trois n’est pas forcément celle que l’on croit.

Tome 3

Agréable aussi de ne pas avoir à rentrer dans l’histoire puisqu’il s’agit trois fois de la même. On se demande d’ailleurs comment l’auteur a pu être aussi respectueuse du timing : on vit trois fois les mêmes conversations avec les mêmes mots employés précisément. Loin du livre Un rire inexplicable, cette trilogie ne casse pas des barres mais nous fait passer un bon moment trois fois et reste une expérience lecture originale. A tenter…

Un petit extrait des égarement de Lili :

Au fait, savez-vous qui est Lilith ? C’était la première femme d’Adam. Et savez-vous pourquoi elle le quitta ? Parce qu’elle en avait assez d’être toujours dessous et qu’elle ne voyait pas pourquoi elle aurait dû continuer. Elle lui dit : « Adam, je ne veux plus me mettre sous toi. Je veux être au-dessus. » Adam lui disputa le morceau parce qu’il s’était bien habitué à être au-dessus, qu’il aimait ça, et qu’il n’était pas prêt à abandonner cette position dominatrice. Ils se querellèrent et se battirent à ce sujet pendant un long moment entre temps et éternité. Aucun d’eux de voulait céder. La lutte prit fin lorsque Lilith se mit dans une rage telle qu’elle le quitta. Des ailes noires lui poussèrent dans le dos, et elle prit son essor pour aller vivre loin de lui dans les parties désertiques de la terre et ruminer l’histoire lamentable qu’elle avait vécue avec ce zéro. Adam, de son côté, épousa Eve. J’avais raison. Et vous n’avais jamais remarqué que lorsque les hommes se marient pour la seconde fois, ils choisissent systématiquement une pauvre nouille ? Une femelle idiote et obéissante qui n’a pas le quart de la matière grise d’une mule ? Et voilà, Eve a tout gâché, parce que ce n’était pas une lumière ; elle nous a fichues dans le pétrin dont nous ne sommes jamais sorties depuis. Les secondes femmes n’ont pas changé depuis Eve.

 

Un rire inexplicable

La couverture aux Editions Le Point
La couverture aux Editions de l'Olivier

Lydia est une journaliste brillante, snob et sarcastique qui se retire dans un trou perdu du Pays de Galles après sa dernière rupture amoureuse avec Finn. Celui-ci est parti avec « une oie », comme elle dit, en Grèce. Dans un élan de générosité qu’elle regrette instantanément, elle propose à Betty, végétarienne aux bonnes intentions, de l’accompagner dans on retrait de la vie active. La campagne et la vallée environnantes apportent calme et sérénité à ces deux femmes qui n’ont rien en commun. Au fur et à mesure de leur retraite, elles apprennent à connaître leurs voisins. Des personnes pour le moins étrange : Elisabeth a épousé Hywel mais ils ne se parlent pas, Hywel a une sœur malade du nom de Angharad dont il faut s’occuper tout le temps mais qui se cache en permanence dans les collines, Beuno aussi fait partie de cette famille et veut se faire ordonner prêtre, le Docteur Wyn a l’air d’être un vieux pervers et sa fiancée April ne sait pas aligner deux mots correctement. De quoi prodiguer à Lydia de nombreuses remarques acerbes et une pointe de curiosités pour les secrets cachés de ces habitants hors du commun…

Du même auteur... (les trois derniers forment la trilogie du jardin d'hiver)

Acheter ce livre pour 2,09€

Ambiance musicale conseillée en lisant ce livre – Winter is coming des Radical Face :

On trouve de nombreuses discussions plutôt poussées sur la société au coeur du livre ce qui procure une valeur ajoutée à l’ouvrage. Dans l’esprit : on remarque la couverture : un faisan en deux parties comme s’il se mordait la queue, image perturbante à l’image de certaines interrogations posées au cours du livre. La fin est un peu terne, inexistante, il manque une chute mais le livre est plaisant à lire et les 204 pages passent assez vite surtout sur la fin. Une petite citation:

Seul le vertueux peut être vraiment cruel. Le sentiment de la faute et d’une certaine humanité rend les gens moins dur. C’est le Plus que Parfait Yahvé qui a fit aux méchants d’aller en enfer. Satant les y a accueillis. Troublée, Lydia s’agitait sur sa chaise. C’était étrange de constater à quel point le bien et le mal pouvaient se mêler, paraître interchangeables […] « la bonté est agressive », marmonna Lydia, le nez dans sa tasse de café.

La couverture aux Editions Le Point

Ce qu’ils en disent…

Libération

Le blog de Gérard Morvan

La génération Y par elle-même

Utile.

Durant ce weekend de 5 jours (eh oui je fais le pont), je m’attèle à des lectures un peu plus tournées vers le fameux mémoire. Celle-ci n’est pas trop prise de tête et mérite le détour. J’ai par exemple pu connaître le site Klout qui permet de connaitre son influence sur les réseaux sociaux ainsi que le blog sympa de Yatuu.  J’ai pris quelques notes de faits à retenir pour la mallette à malices. Parce qu’après tout, la génération Y me concerne pleinement si l’on en croit la définition donnée dans l’ouvrage :

« Le concept de génération Y est ainsi apparu en 1993 dans les pages de la revue américaine Advertising Age, un support spécialisé dans le marketing et la publicité ». p24

« Les Y sont nés arpès 1980. Ils ont grandi dans les années 1980 et 1990, et ont succédé à la génération X […] Les Y, eux, sont les jeunes adultes de 18 à 30 ans. Une de leurs particularités ? Avoir grandi avec Internet. Ce qui leur vaut d’ailleurs une autre appellation, celle de Digital natives. Communication paroxystique, mobilité incessante, information instantanée sont dans l’ADN des Y. En bon petits soldats, nous avons, pour la plupart d’entre nous, suivi des études en sachant pertinemment que ça ne mènerait à rien, ou presque. Sans en avoir conscience, nous détenions là la clé du succès. A force de cotoyer la précarité, nous avons appris à la contourner. Qu’il s’agisse du travail ou des autres sphères de la vie plus intimes, nous avons inventé d’autres modes de fonctionnement, puisque le système de nos parents était mort. Le long terme, nous ne connaissons pas. Nous avons appris à vivre sans nous projeter, sans rien attendre. [ …] Si nous confessons un certain individualisme, de notre précarité est née une solidarité d’un genre nouveau, celle des réseaux sociaux, donc la ligne de conduite est la débrouille avec un D majuscule. »p 8-9

La génération Y serait donc la génération du système D. En galère mais qui s’habitue :

« Rappelons ce que nous avons en tête depuis le plus jeune âge : « Dans le contexte économique actuel, le mieux, c’est que tu fasse des études… Mais bon, t’attends pas non plus à trouver un emploi à la fin. » » p 7

 Chaque chapitre s’appuie sur une citation d’un article du monde définissant les jeunes de manières plutôt péjorative. Chaque argument est soigneusement démonté par les deux auteurs. Malgré quelques répétitions, on se retrouve assez souvent dans les constatations sociologiques effectuées dans l’ouvrage et l’on tombe souvent d’accord avec Myriam Levain et Julia Tissier. Les pages se tournent rapidement et on arrive à la fin facilement. Un bon moment de travail !

Voici donc quelques notes prises de-ci delà :

Ch 4 : ils sont indécis en amour

 

Le Prince Charmant n’est plus d’actualité, les couples divorçant une fois sur trois en région et une sur deux à Paris. La problématique n’est plus de changer le petit pois en princesse mais de s’entendre et d’être complices dans de nombreux domaines notamment intellectuel, professionnel, érotique, sexuel… Il n’existe pas de modèle alternatif, les Y en ont marre des familles recomposées et utilisent la vieille méthode. La preuve : les chiffres du mariage n’ont pas diminué. « Le couple c’est un peu comme le CDI, ça ne veut plus dire grand-chose ». On voit apparaître les Mariages Kleenex : aussitôt faits, aussitôt jetés. Dans un couple de Y, chacun est une personne à part entière et ne s’efface pas derrière le carcan du couple ce qui amène à des engagements tardifs. Plus rien ne nous retient de quitter l’autre sur un coup de tête, on ne fait pas de concessions, on accepte difficilement les défauts de l’autre et on a toujours l’impression que l’herbe est plus verte ailleurs. La société de consommation dans laquelle nous vivons ne nous invite pas à nous contenter de ce que nous avons mais à demander toujours plus et tout de suite. Les nouvelles technologies entrent en compte : les mails, textos, appels nous forcent à être en lien constamment avec l’autre et à se demander : « il n’a pas répondu à mon texto. Que fait-il ? ». La fidélité reste une valeur très importante de notre génération. Néanmoins, on reste lucide sur le fait que rester fidèle sur le long terme est très difficile. Il y a accident de parcours et double vie – tromperie à long terme à ne pas confondre.

Ch 5 : ils sont dopés au porno

 

Les Y génération porno ? Non, pas plus que les autres. Simplement, notre accès aux films et autres fichiers pornos est beaucoup plus rapide : il suffit de pianoter sur l’ordinateur et le tour est joué. La génération Y ne prend pas le sexe à la légère, le sida nous a foutu un coup mortel, nous avons grandi avec. Pour nous, les tests VIH sont devenus aussi anodins qu’une consultation pour le rhume. Bien que présent dans de nombreuses publicités, le sexe n’est pas banalisé, la moyenne d’âge d’un premier rapport n’a pas vraiment bougé. La première fois reste encore importante pour les Y.

« La série américaine Sex and the city a d’ailleurs énormément contribué à libérer la parole chez les jeunes femmes de la génération Y. En effet, les quatres amies n’y vont pas avec le dos de la cuillère à cocktail durant leurs soirées quand il s’agit d’évoquer leurs expériences sexuelles. Sodomie, godemichés, stimulation anale du partenaire, pannes sexuelles ou encore micropénis, pratiquement tout y passe. » p72

La pression de l’acte sexuel pèse plus sur les jeunes hommes, longtemps responsables des mauvaises expériences dans le domaine. Le jeune Y se sent responsable du plaisir de sa partenaire.

Useful
Ch1 : Ils sont individualistes

 

Le jeune continue à croire en l’avenir, surtout lorsqu’il s’agit du sien. P 12

Nous sommes individualistes en réaction à la précarité qui nous entoure : nous pensons d’abord à nous en sortir individuellement avant de penser au collectif. Pour cela, un retour sur soi s’impose : sur le divan d’un psy par exemple.

« L’individualisme contraint à redéfinir le nous , il crée d’autres types de liens » F de Singly.

Bien entendu, les nouvelles technologies entrent en jeu : tweet, chat, poke… on a un désir de faire des rencontres amicales ou amoureuses. Vincent glad : journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies :

« Sur les réseaux sociaux si l’on montre de soi, c’est avant tout pour communiquer avec les autres »

Ch2 : Ils sont insolents

 

Aujourd’hui nous avons des exigences différentes face au travail. L’aspect personnel est plus proche du professionnel ce qui entraine nos affects et contribue à nous donner des exigences plus importantes. Notre rapport à l’entreprise est différent car le licenciement est plus courant. On voit naitre une culture de l’écrit en entreprise : une preuve : mail, papier signé… on se méfie au travail. On ne coupe plus avec le travail : messagerie pro sur téléphone perso. Le Y tente de comprendre pourquoi il doit effectuer une tâche, il n’hésite pas à demander pourquoi lorsque l’on lui demande d’effectuer une tâche, ce qui le rend plus insolent.

Ch 3 : Ils sont instables au boulot

 

N’ayant pas la possibilité de rester après un stage, nos CV sont des documents hybrides, nous sommes polyvalents et ne travaillons pas toujours dans la branche dans laquelle nous faisions nos études. En tant que stagiaires : on ne fait rien, on fait ce que personne ne veut faire ou on travaille comme des forcenés pour 436,05€. Mais pour déjeuner il n’y a plus personne. Les stagiaires sont interchangeables, ils peuvent se former entre eux voire même se recruter les uns les autres. Les Y n’hésitent pas à poser leur démission sans avoir trouvé un autre job. Ils ne voient pas l’avenir au-delà de deux ans et l’âge des contrats a changé : on obtient un premier CDI à 28 ans. On voit apparaître les Slashers : personnes accumulant plusieurs boulots n’ayant pas toujours un grand rapport les uns avec les autres.

Onomatopées girls

Ch 6 : ils ne croient plus en rien

Le nombre de jeunes militants à diminué, tout domaines confondus. A défaut de faire la révolution, nous avons tendance à nous interroger sur le système dans lequel nous évoluons et sur la société de consommation. On tente de consommer moins ou mieux. Notre militantisme est moins greffé aux programmes politiques de nos dirigeants.

La liste de mes envies

La couverture
La couverture

Jocelyne a 47 ans.  Mercière, elle tient son petit commerce avec entrain et ouvre un blog dans lequel elle peut décrire ses ouvrages, son amour du fil et des aiguilles (à tricoter ou pas).  Mais voilà,Jocelyn est entrainée par ses amies et joue au loto. Elle gagne la cagnotte de 18 millions d’euros. Ce qu’elle en dit ?

« Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. »

Même si Jocelyne reconnait le côté confortable d’une telle somme, elle ne sait pas trop si elle doit l’utiliser. Cela ne l’empêche pas de faire la liste de ses envies et de celles de ses proches : l’intégral de James Bond pour son mari, une belle voiture, de quoi vivre pour son gfils, de quoi produire les films de sa fille. Va-t-elle craquer et utiliser la somme d’argent improbable mise à sa disposition ?

Un livre qui se lit très facilement, de quoi passer une fin d’après-midi sur un banc au soleil. On est très empathique par rapport à la protagoniste. Un bon moment !

Ce qu’ils en disent…

Le blog charlotteauchoco, lectures pour petits et grands et vie au quotidien

Le blog Deedee

En cas de bonheur

En-cas-de-bonheur

Lorsque ma maitre de stage m’a prêté ce livre, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je fasse comme la plupart des livres que je laisse attendre sagement sur une étagère le moment où je vais enfin les ouvrir. J’ai donc pris les devants et commencé à le lire presque aussitôt. Une belle initiative qui me remet le pied à l’étrier de la lecture, loisir que j’avais un peu mis de côté depuis un an ou deux.

La couverture

191 pages. 3 jours. 8 personnages environ. 1 histoire. Celle de Claire et Jean-Jacques, en couple depuis plusieurs années et au bord d’un précipice : celui de l’oubli des débuts, de la routine plus que pesante et de la fin de l’amour, la fin de l’existence pour l’autre et à travers l’autre. Jean-Jacques va très vite tenter de retrouver un semblant d’existence dans l’adultère. De quoi briser le confort qui tue lentement leur relation. En cas de bonheur, on peut finalement ne pas être heureux…

Lecture.

Un livre écrit par David Foenkinos, à l’origine du film La Délicatesse avec Audrey Tautou, un Curriculum Vitae sympathique donc, axé sur les histoires d’amour à l’âge adulte. J’avoue que les questionnements traités au cours de cet ouvrage sont loin de moi : comment gérer l’effritement d’une histoire ? Comment recréer un Genève (premier voyage du couple dans l’histoire) ? Cependant, on a tendance à finir par ressentir la détresse des protagonistes face à la perte de leur amour. Jean-Jacques et Claire sont un peu monsieur et madame tout le monde, dans leur lutte pour conserver intacte une histoire qui ne l’est plus. Un livre qui se lit vite, surtout dans la voiture pour aller au Printemps de Bourges.

Ce qu’ils en disent…

Le blog Mon escapade littéraire

La Bibliothèque Jacques Duquesne