Marguerite

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Un film avec Catherine Frot jouant une bourgeoise qui chante faux sans le savoir ? Parfait ! Mais on trouve bien plus qu’une petite comédie d’opérette dans ce long-métrage de Xavier Gionnali.

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Le synopsis

Marguerite Dumont aime jouer les cantatrices du dimanche devant son cercle d’amis proches. Le souci ? Elle chante particulièrement mal et ils n’en disent pas un mot. Son propre mari ne lui dévoile pas l’accablante vérité, quitte à subir ses cris de gosier plusieurs heures par jour. Il ne l’encourage pas non plus soyons clairs. Tout se corse lorsque la cantatrice se met à rêver à un vrai public…

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Plus loin qu’une simple tocade…

Pour Marguerite, la musique est une source d’épanouissement. En fait, c’est sa seule consolation face à un mari complètement absent qui la méprise, lui dicte sa marche de conduite et gère la conçoit uniquement comme un vecteur de financements dans ses affaires (d’ailleurs pas si florissantes). Son seul compagnon ? Madelbos. Un serviteur aux intentions ambigües.

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Elle chante faux, mais elle joue juste

Catherine Frot nous en met plein les oreilles. Une question survient : chante-t-elle vraiment ? Eh bien oui, elle chante et a dû s’entraîner dur pour arriver à chanter faux, mais chanter beau. Elle a également été doublée afin d’éviter toute extinction de voix. L’actrice nous livre un personnage maladroit mais touchant dont on rigole cinq minutes avant d’être pris de compassion et de sentir un certain malaise jusqu’à la fin du film. Une de ses répliques m’a marquée mais je ne suis pas sûr de la reformuler parfaitement : « L’argent ce n’est pas le problème… il suffit d’en avoir ! ». Elle joue donc juste et donne la réplique à un véritable virtuose de l’humour : Michel Fau, qui n’en finit plus de prendre des airs désabusés face à ses canards.

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Une histoire vraie

Improbable de penser qu’il soit possible de duper autant une personne. Et pourtant, c’est le cas puisque ce film est tiré de l’Histoire de Florence Foster Jenkins, une bourgeoise américaine des années 1940 qui a, elle aussi, déchiqueté « La reine de la nuit ». Elle fera l’objet d’un biopic interprété cette fois par Meryl Streep. Un autre style.

Je vous conseille donc de vous ruer sur les dernières projections de ce film qui ne vous laissera pour sûr, pas indifférents.

Habemus papam (ou pas justement)

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Allez, un petit tour sur Wikipédia s’impose, cela faisait longtemps :

Habemus Papam est une locution latine séculaire qui signifie « Nous avons un pape ». Elle est prononcée par le cardinal protodiacre à l’issue d’un conclave, depuis le balcon central de la basilique Saint Pierre au Vatican, afin d’annoncer à la foule romaine et au monde entier l’identité du nouvel élu et le nom de règne qu’il s’est choisi.

Imaginez cette situation improbable : le pape en exercice meurt. Les cardinaux se réunissent en conclave pour procéder à l’élection de son successeur, la fumée sort blanche du Vatican et au moment de se présenter à ses fidèles rassemblés sur la place St Pierre, le nouveau pape se la joue dépressif et ne se sent pas à la hauteur de la tâche que lui a confié le Seigneur.

Habits rouges chatoyants, messes à répétition et bénédictions en veux-tu en voilà ne semblent pas faire son bonheur. Il va alors faire faux bond à ses confrères pour se ressourcer pendant que ces derniers testent un petit tournoi de volley ball avec le psychanalyste attitré de sa sainteté. Surréaliste, peut-être mais un bon film, clairement, qui doit beaucoup à l’interprétation impeccable de Michel Piccoli, qui a l’air parfaitement dépassé par les événements. Très drôle, ce film met le doigt sur un sujet peu traité finalement, l’élection d’un nouveau pape et les enjeux qui en découlent. Comme quoi, la foi ne suffirait pas pour devenir le Saint Père, se sentir à la hauteur est primordial. 1h42 sans pape fixe, de quoi passer une bonne soirée.

Tabou sans tabou

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Aurora et Gian Luca

Hier je me suis laissée guider jusqu’à Utopia à midi et quart, horaire improbable mais économique (4€ la séance) pour aller voir Tabou. Ce film portuguais, réalisé par Miguel Gomes, est encensé par la critique. Et ce « surdoué » a mis les petits plats dans les grands pour leur plaire : film tourné en noir et blanc en 16 mm laissant apparaître un grain à l’ancienne à l’écran, passage mués et construction de l’histoire particulière : de quoi impressionner ces messieurs dames blasés des films habituels.

Aurora âgée

Même si du coup, l’histoire n’est pas forcément l’atout majeur de ce film, un petit synopsis s’impose. Le film est construit en trois parties :

Une première partie durant laquelle on suit l’histoire d’un occidental fuyant la mort de sa femme dans des terres exotiques. On ne comprend pas vraiment d’ailleurs ce que cela vient faire là mais cela ne dure que quelques minutes donc au bout des 1h50 de film, on ne s’en soucie plus vraiment.

Une deuxième partie intitulée « Paraíso perdido » dévoilant l’histoire de trois femmes : Mme Pilar, la vieille Aurora sa voisine et Santa, sa servante. Aurora en fait voir de toutes les couleurs (en noir et blanc) à Santa : voulant mettre son manteau de fourrure au clou afin de jouer au casino. Mais Aurora n’a pas toujours été cette vieille femme excentrique et vindicative…

Cela nous mène à la troisième partie « Paraíso », racontant la jeunesse d’Aurora dans les colonies africaines, prise entre sa vie tranquille avec son mari et l’amour impossible qu’elle voue à Gian Luca Ventura…

Aurora jeune

Autant le dire tout de suite, la partie jeunesse m’a bien plus captivée que la partie vieillesse. Les trois premiers quarts d’heure de ce film m’ont paru interminables et l’envie de partir m’a prise. Mais voilà, difficile de renoncer à un possible dénouement incroyable. J’ai donc pris mon mal en patience et ce fut une sage décision car la fin du film, bien que comprenant encore quelques longueurs, m’a parue tout à fait digeste. Je me suis même prise à regarder quelques plans et à m’appesantir sur leur beauté. Néanmoins, la narration particulière : il n’y a pas de dialogues mais une voix off racontant l’histoire durant la fin du film m’a paru frustrante : on perd une partie du film sans le son tout de même. Un film à voir pour changer du confort dans lequel nous avons l’habitude de tomber au cinéma.

Gian Luca et ses amis

Et maintenant on va où ?

Et maintenant on va où ?

Eh bien on va avant tout acheter le DVD de ce film dans le point de vente le plus proche et on l’offre à nos amis, notre famille ou autre pour noël ! Hier soir, j’ai fais fi de Love Actually et du Seigneur des anneaux et je me suis lancée dans ce film avec un bon repas. Bonne pioche ! J’ai passé un superbe moment, bercé de musiques orientales et de scènes improbables.

Et maintenant on va où ?

Voyons donc ce qui rend ce film si unique : dans un village dont on ne sait pas le nom, les chrétiens et les musulmans vivent en harmonie. Harmonie ? Pas tout à fait. Les disputes éclatent unes à unes et les esprits s’échauffent vite. Le pays entier flamboie des flammes de la guerre entre les deux religions.Il en faut peu pour que les hommes du village suivent cet exemple et sortent les armes. Seulement voilà, ce n’est pas du goût des femmes du village qui vont petit à petit mettre en place des plans ingénieux et amusants pour calmer les esprits.

Amal porte le deuil

Ce film traite donc d’un sujet grave avec subtilité et surtout en dédramatisant. Les personnages principales sont des femmes fortes qui se serrent les coudes et se soutiennent quoiqu’il arrive. Ce sont aussi des amies qui s’asticotent de temps en temps et ne changeraient pour rien au monde le quotidien de leur village. Le côté girl power, ça fait plaisir aussi il faut l’avouer.

Anna karenine

Anna face à ses démons

Entre trois cours, une émission et dix dossiers, je prends le temps d’aller au cinéma voir le dernier Joe Wright. Eh oui, après avoir tourné Orgueil et Préjugés et Reviens-moi, le réalisateur retrouve sa muse Keira Knightley pour un Anna Karénine décalé.

Keira Knightley

Anna Karénine… oui oui oui ce nom vous dit quelque chose, c’est normal, l’ami wikipédia nous en parle rapidement :

Anna Karénine (en russe ???? ????????) est un roman de Léon Tolstoï paru en 1877. Il est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature. L’auteur y oppose le calme bonheur d’un ménage honnête formé par Lévine et Kitty Chtcherbatski aux humiliations et aux déboires qui accompagnent la passion coupable d’Alexis Vronski et d’Anna Karénine ; les premiers brouillons étaient d’ailleurs intitulés Deux mariages, deux couples.

Kitty, les rubans au vent

Décalé, c’est peu dire. Le film est tourné intégralement dans un théâtre avec des échappées sur l’extérieur. On suit l’histoire et les personnages sur scène comme dans les coulisses et tout à coup dans un paysage enneigé ou dans un champ de fleurs blanches. Les transitions entre les plans sont effectuées avec des effets de drapés, des entrées et sorties de personnages majestueuses et équilibrées. Le rythme des acteurs, leur jeu et leurs mouvements parfois chorégraphiés ajoutent à cet effet de spectacle et nous impressionnent : il faut être un génie pour savoir tourner et monter les plans sans se perdre.

Un bal hors du temps

On retrouve une référence à Moulin Rouge explicite : le moment où Anna quitte la scène où son fils la retient pour sortir sous les yeux de son mari avec un chapeau à voilette noire et un regard digne n’est pas sans rappeler le moment où Satine sort rejoindre le duc pour se sacrifier à lui, passant à côté d’Harold Zidler, elle aussi.

Le comte Vronsky en pleine séduction

Finalement, on en prend plein les yeux, on se croirait devant une publicité de parfum durant 2h15. Et ce n’est pas de rien : Joe Wright est également à l’origine des publicités de Coco Chanel avec devinez qui ? Keira Knightley bien sûr. On en vient presque à oublier l’histoire tant les plans nous captivent. Mais on ne peut pas oublier le port de tête gracieux de Keira Knightley, le jeu impeccable de Jude Law et le manque de texture du rôle du jeune premier Aaron Taylor-Johnson (vu aussi dans Savages).

Anna face à ses démons

On sort du film en ayant envie de tout partager : moments d’émotions, plans marquants, réaction face à l’histoire et autres critiques et points forts du film. On rentre chez soi et on ouvre le Télérama et le Nouvel Obs pour voir les critiques. L’une est bonne l’autre est foudroyante. Comme quoi, il ne faut pas s’y fier.

Ce qu’ils en disent…

Le nouvel observateur           Télérama