Retour sur la série Platane

Monica Belucci dans Platane

Platane, c’est l’arbre dans lequel Eric a un accident un soir après avoir présenté sa dernière série à un cocktail Canal +. Un an plus tard, il se réveille du coma et pour lui les galères commencent : Ramzy a pris sa place, il est difficile de se remettre dans les petits papiers des producteurs. On assiste ainsi au point de départ de la série…

1.      Le personnage principal

Tout à fait puéril et mythomane, Eric Judor nous indigne à chaque épisode : faisant un vieux chantage au sandwich chaud à un clochard ou mentant à sa propre femme sur la création de sa ligne de bottes d’indiens, Eric se met toujours dans l’embarras. Son point faible ? Sa tendance à l’homophobie qui le pousse à vouloir affirmer sans cesse sa virilité et ses parents, eux aussi bien atteins. Ce qui nous plait c’est le cycle de chaque épisode : Eric fait quelque chose de honteux, il passe à sa vie d’artiste en semi-galère, il a une opportunité mais sa mésaction le rattrape et l’empêche d’aboutir à ses fins. Pertes d’acteurs, de pellicule, de panneaux 3D ou encore détournement d’argent prévu pour un tournage : autant de péripéties improbables que l’on prend plaisir à suivre. Malgré nous, on aime Eric et on a envie qu’il s’en sorte, naïf que nous sommes, jusqu’au moment fatidique où le générique dégringole sur une situation toujours plus grotesque (comme un feu dans des attestations de possession de terrain pendant qu’un individu muet devient violent contre Eric) : papoulepapouahelepadipadidoudiahhh…

Eric et le fameux platane
2.       La mise en abyme

Comme expliqué précédemment, on suit Eric de l’idée de son film, La môme 2.0 next generation à la sortie (ou pas) en salle en passant par le casting. Une muse en abyme qui nous pousse parfois à nous poser des questions comme dans l’épisode où Eric emprunte une ambulance afin d’aller plus rapidement d’un plateau de tournage à un autre dans la circulation parisienne. Choquant ? Peut-être pas tant que ça au regard du monde du cinéma. De cocktails en bureau de production, on vit au rythme de la création audiovisuelle et on ne peut s’empêcher de constater que ce monde est très fermé, même pour ceux qui en font partie. On apprécie les moments durant lesquels on rentre littéralement dans un scénario lu par deux personnages tout à coup en costumes !

Monica Belucci dans Platane
3.       Les guests

Mathieu Amalrich, Guillaume Canet, Michel Drucker, Gérard Lanvin ou encore Monica Belucci et Jean Dujardin ont bien voulu jouer leurs propres rôles dans la série dès la première saison. Eric avait donc son petit cercle de poteaux à contacter en cas de tournage sur la vie du grand écran. Mis à part le fait que l’on apprécie de voir (enfin) des acteurs de cinéma dans une série, on apprécie aussi une certaine autodérision ou une mise en scène un peu improbable de soi : Gérard Lanvin en amoureux  déchu et désespéré, Guillaume Canet en gros pervers visant le côtàcôtisme (faire l’amour à côté d’un autre couple) et Mathieu Amalrich amoureux transi d’une jeune blonde aux courbes forts sympathiques.

Guillaume Canet dans Platane
4.       Le format

Platane comporte deux saisons de douze épisodes chacune. Chaque épisode dure 33 minutes environ ce qui permet de rattraper très vite son retard et de passer des repas, soirées et autres petit déjeuner en compagnie du personnage atypique. Diffusée sur Canal + (valeur sûre), la saison 2 n’a pas pour autant remporté un franc succès selon le Figaro.fr : « Les audiences des trois premiers épisodes ne sont, en tout cas, pas du tout rassurantes. Avec moins de 400.000 téléspectateurs en moyenne, la saison 2 fait deux fois moins bien que les trois premiers épisodes de la saison 1 diffusés l’an dernier ». Bon, 400 000 personnes convaincues c’est déjà ça hein.

Jean Dujardin dans Platane

Au début, il m’a été très difficile d’accrocher à la série que je trouvais très en lien avec le côté humoriste d’Eric. Peu à peu, j’ai accroché à l’intrigue qui se posait et j’ai ri de bon cœur aux actions improbables de son protagoniste, attendant avec impatience de le retrouver à la fin de mes journées. Une série à voir donc, sans scrupules, comme son héros.

Ce qu’ils en disent…

20 minutes

programmetv.fr

Les revenants part #2

Camille entourée de sa famille

Les séries télévisées font partie intégrante des médias actuellement. Rappelons que les médias les plus importants actuellement sont la presse, Internet, la télévision, l’affichage, la radio. Les séries ont envahi peu à peu chacun de ces médias, gagnant en crédibilité au sein de notre société. Il existe désormais des magazines spécialisés tels que Séries mag, séries TV . En télévision, les séries prennent la place des films en prime time et occupent une grande partie du programme avec des plages horaires importantes. Afin de mieux cerner cette légitimation, nous allons effectuer un tour d’horizon des différents médias et de leur discours sur le cas d’une série sortie dernièrement : Les revenants, diffusée justement en prime time le lundi soir sur Canal +.

 Les revenants traitées par leur propre média // CANAL + : Le spot TV des revenants

Spot publicitaire de Canal+ pour Les revenants diffusé à partir de septembre 2012 pour annoncer l’arrivée de la série sur la chaîne. D’autres spots plus courts ont suivi.

Ce spot dure 25 secondes. Il comprend onze plans. On peut y voir un écran d’annonce de la série avec en toile de fond les autres séries de la chaîne s’inscrivant en flou comme pour appuyer l’arrivée d’une nouvelle série pour les téléspectateurs. On voit en premier un plan très esthétique d’un papillon sous verre réussissant à s’échapper après avoir ressuscité. Différents personnages de la série avec un rythme qui s’accélère de plus en plus, dans une ambiance angoissante. Enfin, le plan final présente le nom de la série : il correspond à l’affiche de la série. Le fait de faire une série sur des revenants est une prise de risque : il s’agit d’un sujet déjà vu et revu mais cette fois la chaîne a pris le parti de traiter son sujet avec esthétisme, réflexion et de prendre son temps, de quoi créer un produit audiovisuel plus légitime.

Lucy

Avec ce spot, la chaîne cryptée vise à toucher ses abonnés et à leur présenter sa dernière création. Depuis deux ans, Canal + présente des séries qu’elle conçoit, crée et diffuse elle-même. Le fait de passer ce spot donne de la légitimité à la série dans le sens où celle-ci est en vitrine de la chaîne. Le message que veut ainsi faire passer Canal + est le suivant : « Chers abonnés, vous avez raison de rester fidèles à Canal +, désormais nous produisons nous-mêmes des séries de qualité pour votre confort dont la dernière est la suivante ». La chaîne parle donc de son propre programme, elle l’annonce et lui donne de la légitimité. A noter que la série est diffusée en prime time les lundis soirs et a effectué un record d’audiences de 1,4 million de personnes pour sa première diffusion, juste en-dessous du record de Borgia. Le spot a donc eu l’effet escompté et les abonnés ont suivi avec attention les destins de ces nouveaux personnages hors du commun.

La télévision dans le miroir

Le fait que la télévision parle d’elle-même n’est pas un fait nouveau. On a pu voir Virginie Spies parler de ce phénomène dans son ouvrage La télévision dans le miroir[1] et en donner les limites :

« Les chaînes du service public témoignent toujours de cette volonté de laisser le spectateur s’exprimer. On pense notamment aux émissions « Télé pour Télé contre » sur France 3. On y entend certaines critiques, certes, mais c’est une fois de plus l’occasion de se justifier, de légitimer les actes, de présenter les acteurs de cette télévision. La critique reste donc mince et le téléspectateur est une fois de plus un faire-valoir efficace pour l’institution. »

Pour Virginie Spies, la télévision tente de donner la parole aux téléspectateurs et de les laisser critiquer ses programmes. Néanmoins, cette expression reste limitée, voire même utilisée à des fins publicitaires. Il faut donc se méfier d’un programme télévisé traitant lui-même d’un autre programme. Peut-on vraiment parler de séries télévisées en télévision ?

Les revenants traitées par la radio // le mouv’ : saison 1 EPISODE 1

Emission radiophonique animée par Pierre Langlais diffusée depuis 2010 chaque samedi de 17h00 à 18h00.

>> le podcast

Cette émission traite des séries en particulier française avec différents invités et angles chaque semaine. En exemple, l’émission du 24 novembre 2012 dernier traitait de la série Les revenants, sortie le 26 novembre de cette même semaine. Il s’agit donc d’une bande annonce de la série, une promotion en amont de sa première diffusion. Le réalisateur, la productrice et deux acteurs de la série sont venus pour l’occasion se prêter au jeu de l’interview.

L'affiche de l'émission avec Pierre Langlais

Le conducteur de l’émission comprend différents moments en lien avec les séries. Après avoir fais un point sur les news de la semaine, Pierre Langlais passe à l’interview des invités. Ainsi, les personnages de la série sont passés au peigne fin. Ensuite, Pierre Langlais marque une pause musicale n’ayant pas de lien avec Les revenants. Un extrait de la série fait la transition vers la continuité de l’interview. La question du travail demandé pour créer la série est posée ainsi que de son format 3D. Pierre Langlais pose ensuite la question du fond de la série : le thème central de la mort et la façon dont elle est traitée dans la série, la comparaison est faite avec Six Feet Under, l’écriture du scénario de la série.

Fin du générique de Six Feet Under

Une annonce du Mouv’ coupe ce moment de questions puis un nouvel extrait de la série nous reconduit vers l’équipe des revenants. On passe ensuite au « Coin des auditeurs » posant leurs questions aux invités : la question des influences de la série est posée, puis celle de la musique de la série, partie prenante de son succès. Une nouvelle musique passe puis un jeu permet aux auditeurs de gagner des DVD de leurs séries préférées. Enfin, une dernière partie d’interview et une dernière musique marquent la fin de l’émission.

Camille entourée de sa famille

 Les revenants traitées par la radio // Radio Campus Avignon : 24 minutes chrono

Emission culturelle sur les séries télévisées diffusée tous les mercredis de 20h30 à 20h54.

>> Le podcast

Dans cette émission, nous avons fait du cross média et nous avons interrogé Pierre Langlais sur la légitimation des séries dans les médias. Pour lui, les séries ont toujours été légitimes mais sont devenues un sujet central de divertissement en 2000 mais cela fait trente ans qu’elles sont retenues. Lorsqu’on lui demande quelle est la relation des séries avec les médias, Pierre Langlais nous dit que les médias ne sont pas idiots : ils ont suivi la tendance des séries dont les audiences ne cessaient d’augmenter.

Le visuel de 24 minutes chrono

Il y a énormément de matière puisque les grilles de programmes sont remplies de séries. Il dit : « Le fait de parler des séries est tout à fait légitime et d’ailleurs ce sont les médias qui n’en parlent pas qui seraient plutôt illégitime maintenant ». Les séries ont une importance capitale dans la consommation française aujourd’hui. Il faut arrêter de penser que les séries sont des supports pour les grandes chaînes pour engranger des publicités et commencer à tenter de comprendre pourquoi il y a autant de personnes qui les regardent.

Simon

Dans un article, Hervé Glevarec étudie la place de la radio dans l’univers culturel des jeunes. On relève : « La nouveauté qu’introduisent les médias audiovisuels, et notamment radiophoniques auprès des jeunes est un aspect différent dont la culture alternative qu’ils induisent par rapport aux agents de socialisation culturelle traditionnels… ». Ainsi, on est en droit de se demander si les séries en radio ne forment pas cette culture alternative offerte aux jeunes dont parle Hervé Glevarec. En effet, Le Mouv’ et Radio Campus Avignon ont une cible allant de 18 à 28 ans environ, une cible jeune donc. Les auditeurs écoutent ainsi des émissions parlées et non plus des tubes commerciaux. Les séries deviennent alors légitimes dans le sens où elles sont traitées avec un recul sociologique, les émissions reçoivent des sociologues ainsi que des scénaristes et acteurs réfléchissant au bien fondé des séries, à leur fond, n’hésitant pas à ouvrir des débats d’actualité et des sujets d’ordre sociologiques comme l’homosexualité dans les séries télévisées, l’intimité dévoilées dans les séries…

Edition du 26 novembre 2012

Les revenants traitées par la presse // Télérama du 24 au 30 novembre 2012

Télérama est un magazine culturel ayant pour vocation de donner les programmes télévisés. Référence en termes de culture mais parfois critiqué pour son côté élitiste et peut-être un peu trop intellectuel.

Dans ce numéro de Télérama, la sortie de la série Les revenants est annoncée dans les pages 36, 38 et 40 avec une rencontre de l’un des auteurs et réalisateurs de la série, Fabrice Gobert. Après une remise en contexte et un synopsis de la série, on trouve une interview revenant sur le fond de la série, sa mise en place et son thème récurrent, la mort.

Adele et sa famille

Les revenants traitées par la presse // Supplément Le monde télévision 26 novembre au 2 décembre 2012.

Ce petit journal de 16 pages est disponible en supplément du journal le Monde chaque semaine. Il donne aux lecteurs le programme télévisé de la semaine ainsi que des actualités du petit écran.

Ici, on peut voir que la série Les revenants est mise à l’honneur puisqu’elle apparaît sur la une du journal. On peut trouver la photographie du personnage charismatique Viktor et la légende « les revenants » Une inquiétante et étrange série où les morts ressuscitent sur Canal+ en page 6. En effet, la page 6 est consacrée aux revenants avec une nouvelle image tirée du générique de la série et un article en pleine page. Au niveau du fond, l’article traite des dessous de la série : comment elle a été créée ? Par qui ? On apprend notamment que les personnes ayant travaillé sur la série n’en sont pas à leurs premières armes avec Fabrice Gobert, réalisateur du film Simon Werner a disparu, et Emmanuel Carrère, auteur de Je suis vivant et vous êtes mort. On voit également le groupe qui compose la musique de la série apparaître en fin d’article. On peut alors dire qu’une forme de légitimité est donnée à la série à travers les références que fait apparaître l’auteur de l’article. Le message implicite est le suivant : Pas étonnant que cette série soit légitime à regarder, elle a été pensée par des experts. La notion d’expert est donc à mettre en avant lorsque l’on parle de légitimité culturelle. En effet, qui mieux qu’un expert peut créer une série voir même donner son avis à son sujet.

Lucy

Ici, on peut dire que les séries gagnent en légitimité à travers le regard de la presse. En effet, trois pages dans Télérama et une page complète dans le supplément du monde sont des places avantageuses pour les fictions. Par extension, on peut voir aussi la presse parler de plus en plus des acteurs de série, comme ça a été le cas pour nombre d’entre eux : on voit de plus en plus les magazines afficher en couverture des stars tels que Sarah Jessica Parker du temps de Sex and the city mais aussi de Hugh Laurie de Docteur House. Ici, on peut dire qu’ils sont assimilés à leurs personnages et y gagnent en charisme. En effet, Carrie Bradshaw est devenue au fil des épisodes de Sex and the city une référence en termes de mode et Hugh Laurie et son personnage apathique s’est fait finalement aimé et reste le représentant marquant d’hommes que l’on adore détester. Leur prise de pouvoir sur les médias est une preuve de légitimité incontestable. En ce qui concerne Les revenants, Agnès Varda alias Adèle Verter dans la série est en couverture des inrocks dans la semaine de leur sortie sur le petit écran. La série y est décrite comme « La résurrection des séries françaises » ce qui discrédite les séries françaises en général mais donne toujours plus de légitimité à la nouvelle création de Canal+.

Les inrocks

Si l’on en croit Pierre Langlais, interviewé dans l’émission du 5 décembre 2012 de 24 minutes chrono, « La plupart des grands quotidiens en sont encore assez loin, ils n’en parlent que dans leurs hors série. Il est beaucoup plus rare de voir une double page sur une série plutôt que sur un ballet ou sur une pièce de théâtre, pourtant il y a beaucoup plus de monde qui reste planté devant la télévision. »

Les revenants traitées par l’affichage // Les revenants

Il s’agit de d’affiche 4/3 ou au format des abribus présentes dans de nombreuses villes en août et en septembre 2012.

Avec l’affichage, les séries gagnent un nouveau média et envahissent notre espace public. En effet, en France, Canal+ est une nouvelle fois précurseur de cette opération publicitaire. On a pu voir se succéder les affiches de Borgia, Homeland, Terra Nova et dernièrement Les revenants. L’affiche reprend le visuel classique de la série avec une déclinaison en fonction des personnages. Ici, on voit le personnage de Julie tendre la main vers Viktor. Les deux personnages sont liés dans la série mais on ne sait pas exactement comment. Le mystère est entretenu ici. On remarque que Julie est placée en haut du côté des vivants alors que Viktor sort des lymbes des eaux. L’innocence est représentée par l’ours en peluche qu’elle lui tend mais on sent une atmosphère de malaise planer, malaise que l’on retrouve bien entendu dans les épisodes.

Une des affiches en 4 par 3

Cette affiche est donc une promesse faite cette fois à la population sériphile et non plus aux seuls abonnés de Canal + : « Avec la chaîne cryptée Canal +, vous pourrez désormais regarder des séries de grande qualité dont le suspense est insoutenable ». De plus, sur ces abribus, on peut trouver lorsque les revenants ne sont pas mis en avant des affiches de film, ce qui nous remet en question la légitimité des séries télévisées par rapport au 7ème art et des publicités de parfums de marques de luxe. L’image de la série est donc améliorée avec cette affiche, qui touche un public large et rend sa légimitié toujours plus importante.

Serge

Les revenants traitées par le web // Canal +

Comme pour toutes ses séries, Canal + a mis le paquet en matière de communication web pour les revenants. Réseaux sociaux, site internet ultra interactif dans lequel on prend nos précautions à l’entrée : il nous est signalé que l’on doit être mort pour entrer dans la ville que nous visitons peu à peu comme dans google map avec ambiance peureuse et personnages qui nous alpaguent. Les téléspectateurs en prennent plein la vue.

Accueil du site

>> le site officiel

Twitter : 167 abonnés

Facebook : plus de 13800 personnes aiment.

Les revenants traitées par le web // telerama.fr

Article paru sur le site du magazine dans la rubrique séries TV (eh oui autre preuve de légitimité) le 2 décembre 2012 écrit par Pierre Langlais et comportant plus de 4000 signes, 5 images et une vidéo.

>> L’article

Dans cet article, le générique est analysé d’un point de vue sémiologique et est relaté de point du vue de sa conception avec des passages d’interview de son concepteur Batmanu. On peut parler de légitimité dans la mesure où le générique est pris ici comme une œuvre à part entière à analyser. Le côté artistique donne donc une certaine légitimité à la série.

Viktor

Les séries télévisées traitées par le web // Le parisien.fr

Article paru sur le site du journal dans la rubrique Flash actualité-culture (eh oui autre preuve de légitimité) le 19 octobre 2012 écrit par l’AFP et comportant 3000 signes et une image.

>> L’article

Cet article donne des informations d’ordre général sur la série notamment ses créateurs et les personnes qui ont travaillé dessus. Paru en octobre,

On trouve dans cet article l’information suivante : Il a fallu cinq ans et un budget de 11 millions d’euros pour développer cette série en huit épisodes. Un budget important donc, laissant penser que la légitimité de la série s’accroit avec l’augmentation de sa valeur.

C’est également ce que dit Bernard Lahire sur la légitimité culturelle. Elle remet en question la notion de valeur.

Toni

 


[1] SPIES Virginie, La télévision dans le miroir, L’Harmattan, 2004, 393p, ISBN, 2747563294

[2] GLEVAREC Hervé, La place de la radio dans l’univers culturel des jeunes, article tiré de Le(s) public(s) de la culture : politiques publiques et équipements culturels Volume II sous la direction de Olivier DOnnat et Paul Tolila, 2003, presse de Science po.

 

La guerre des Borgias

800px-The_Borgias

Je me procure la série « The Borgias » en pensant à la nouvelle série de Canal + et voilà que je m’aperçois qu’il existe deux séries : « The Borgias » et « Borgia ». Ayant largement entamé la version américaine, j’en reste là. Néanmoins, cette concurrence me laisse perplexe : n’y a-t-il plus de sujet de séries que les producteurs en arrivent à faire les mêmes ? Retour sur la guerre des Borgia, une guerre audiovisuelle. Et c’est entre la chaîne américaine Showtime et Canal + (qui diffuse actuellement la série), que le conflit prend forme. Ces deux géants nous promettent du sang, du sexe et des larmes.

Saint-Vaclav fait nef comble en ce lundi, plutôt frisquet, de la mi-novembre. Mais l’église, en bordure du centre historique de Prague, accueille de drôles de paroissiens : le cardinal Rodrigo Borgia se recueille devant la dépouille du pape Innocent VIII, pendant que des figurants costumés en princes de la Renaissance patientent dans un silence religieux. Le temps d’une journée, le lieu de culte s’est transformé en plateau de tournage : le cinéaste allemand Oliver Hirschbiegel (La Chute) tourne, pour Canal+, le troisième épisode de Borgia, une série européenne sur la dynastie sulfureuse qui régna sur le Vatican à la fin du XVe siècle.

Le même jour, 450 kilomètres plus au sud, Rodrigo Borgia a troqué le rouge cardinalice pour le blanc papal. Dans les studios Mafilms de Budapest, la chaîne américaine Showtime termine les prises de vues de The Borgias. « C’est une situation inédite dans l’histoire de la télévision », dit Fabrice de La Patellière, directeur de la fiction de Canal+ : deux séries de prestige, au sujet identique, se trouvent en concurrence sur le marché international de l’audiovisuel. Avec, au-delà des énormes enjeux économiques, une question de suprématie artistique : les Européens réussiront-ils à faire mieux que les Américains, champions du monde incontestés en matière de séries ?

La guerre des Borgia a démarré au printemps 2008. A cette époque, Canal+ vient de diffuser la première saison des Tudors, une série aguicheuse sur les amours tourmentées du roi d’Angleterre Henri VIII. Emballé par ce programme que produit… Showtime, le patron de Canal+, Rodolphe Belmer, demande à Takis Candilis, PDG de Lagardère Entertainment, d’imaginer une série historique qui reprendrait la recette des Tudors : de la politique, de la violence et du sexe. L’histoire de la famille Borgia, avec ses crimes avérés ou fantasmés, ses rumeurs d’inceste et de fratricide, s’impose rapidement.

Fontana se lance dans l’écriture avec, assure-t-il, une démarche de « journaliste » : « Je recoupe les sources après de nombreuses recherches. Et j’essaie de rester au plus près de la vérité historique. » Le résultat se démarque résolument du « feuilleton historique traditionnel à la française », se réjouit Fabrice de La Patellière : « Borgia a une authentique grammaire de série de 52 minutes, avec des personnages récurrents, des enjeux clairement exposés dans une présentation rapide et des histoires bouclées à la fin de chaque épisode. » La présence de Fontana au générique permet à Klaus Zimmermann de convaincre un coproducteur allemand. Avec l’espoir de livrer trois autres saisons.

A la même époque, les dirigeants de Showtime recherchent activement un successeur aux Tudors, dont la quatrième et dernière saison doit s’achever au printemps 2010. L’Irlandais Neil Jordan est leur homme. Cela fait huit ans que le cinéaste d’Entretien avec un vampire cherche à réaliser un film sur les Borgia. Un projet deux fois repoussé malgré l’accord de Christina Ricci et d’Ewan McGregor en 2002, puis de Scarlett Johansson et de Colin Farrell en 2005, avant d’être mis en sommeil par la crise : à Hollywood, les films en costumes sont désormais trop risqués. Neil Jordan accepte de transformer son film en une série de dix épisodes dont il sera coproducteur exécutif aux côtés de Michael Hirst, le créateur des Tudors. Pour Fabrice de La Patellière, aucun doute : « La chaîne Showtime s’est réveillée parce qu’elle ne voulait pas se faire doubler par les Européens sur son terrain. » Selon Klaus Zimmermann, les Américains ont même contacté Canal+ pour fusionner les deux Borgia. « Mais ils en étaient encore au stade du pilote, alors que Tom Fontana avait déjà écrit les douze épisodes, raconte-t-il. Nous avons préféré rester de notre côté. » Au risque de se fermer le marché américain. « Les Etats-Unis sont tellement protectionnistes », soupire Fabrice de La Patellière.

Les deux projets vont donc se développer en parallèle… avec un budget équivalent (2 millions d’euros par épisode) et des choix de production similaires. Impossible de tourner sur les lieux de l’action : trop compliqué (les autorités vaticanes sont sourcilleuses sur les autorisations de tournage), et surtout trop coûteux. Direction l’Europe centrale, où techniciens et figurants sont moins chers, et les incitations fiscales attractives.

Six mois avant son rival, Neil Jordan débute le tournage en Hongrie en avril dernier, avec un casting de stars : Jeremy Irons, Joanne Whalley… De son côté, Oliver Hirschbiegel lance son premier « Moteur » le 4 octobre en République tchèque, avec une distribution cosmopolite : l’Américain John Doman (vu dans Oz) incarne Rodrigo, l’Espagnole Assumpta Serna joue sa maîtresse ; le Français Stanley Weber (fils de Jacques) est Jean Borgia, et la Germano-Russe Isolda Dychauk, la jeune Lucrèce. Des acteurs solides, convaincants au vu des rushes, mais moins prestigieux que Jeremy Irons et consorts. Canal+ préfère mettre l’accent sur l’apport créatif de Tom Fontana et la richesse de la direction artistique.

Une référence picturale qui semble également avoir guidé Neil Jordan, au vu de la bande-annonce très spectaculaire que Showtime a mise en ligne sur son site. Au menu : les manœuvres politiques de Rodrigo, son opposition au cardinal Della Rovere, la rivalité entre ses deux fils, les relations ambiguës entre Lucrèce et son frère César… soit peu ou prou ce que promettent les synopsis des douze épisodes écrits par Tom Fontana. Borgia et The Borgias ne seraient-ils donc que mitre blanche et blanche mitre ? Verdict en novembre, avec la diffusion des premiers épisodes de Borgia sur Canal+. Six mois après le début de The Borgias sur Showtime.

Du peu que j’ai pu voir, je préfère la version américaine : Jeremy Irons est impressionnant en Rodrigo Borgia, rien que le générique à la Desperate Housewives bourré de références artistiques me plait énormément. Mon choix est fait : vivement la prochaine saison de « The Borgias ». 

Source : Télérama

Maison close

maisonclose

Maison Close, série créée comme chacun sait par Canal +, a ouvert ses portes en 2010 sur les écrans des abonnés. J’ai pu moi aussi regarder cette série durant l’été (oui oui ce fameux week end où il ne faisait pas beau à la plage). Même si j’ai décelé quelques défauts de rythme : manque de flash back, d’un narrateur, j’ai beaucoup apprécié les personnages (Angèle en particulier) et l’intrigue qui une fois lancée se fait tout à fait prenante. Le site internet est bien pensé et on a plaisir à retrouver l’ambiance de la série en y naviguant !

Résumé  Dans un Paris crasseux de 1871, Vera fête ses 35 ans et la fin de sa carrière de prostituée au Paradis, une maison close select tenue par Hortense, son amante. Pour quitter définitivement le Paradis, Vera a trouvé le baron Du Plessis, noble fortuné prêt à racheter sa dette. Car dans les maisons closes de Paris, la maîtresse des lieux récupère le prix des passes et les filles vivent à crédit, n’ayant que les cadeaux des clients réguliers pour s’acheter vêtements, cigarettes, parfums… La tenancière tient à jour la dette de chaque résidente dont seul ce rachat peut les sortir. Rose, jeune demoiselle qui va bientôt se marier, est à la recherche de sa mère, peut-être Vera ?, et tente de s’introduire au Paradis. Un rabatteur l’invite à entrer et la vend à Louise, la sous-maîtresse, qui la contraint à devenir l’une des filles de la maison.

De l’ancien voulu moderne

Tournée en décors naturels, au Portugal, dans un véritable palais, avec des costumes somptueux et un budget de 12 millions d’euros, Maison Close a fait l’événement de la rentrée sur Canal+. Première pour la chaîne cryptée, c’est une série d’époque mais « avec une très grande modernité dans la réalisation » explique Rodolphe Belmer, directeur de Canal+. Aux commandes de six épisodes sur huit, Mabrouk El Mechri joue avec audace d’une ambivalence entre l’ancien et le contemporain, un style un brin maniéré parfois, notamment avec l’utilisation d’une musique type ambiance de boîte de nuit, un brin anachronique, ou encore la multiplication des fondus enchaînés dans le palais. Mais Mabrouk s’en défend : « il ne s’agit pas de provoquer, l’idée s’impose d’elle-même en regardant les images ». Ça ne marche pas à tous les coups, mais la démarche a le mérite de l’originalité.

Le script suit un peu le même mouvement, on dépoussière la langue, comme l’explique Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction à Canal : « l’idée d’une série dans un bordel en 1870 à Paris nous a enthousiasmés, la vraie difficulté c’était de s’écarter du dix-neuvième siècle tel qu’on le voit à la télévision. On a voulu renouveler complètement la manière dont on regarde cette période à l’antenne. On a cherché à s’affranchir de la tradition littéraire des grands romans ». Une réussite : rarement les dialogues d’une série n’ont été à ce point naturel. Les actrices principales sont irréprochables : Anne Charrier (Véra) et Valérie Karsenti (Hortense) mais également Jemina West (Rose) et Catherine Hosmalin (Marguerite, la sous-maquasse) réussissent à nous immerger dans le monde de Maison Close en un clin d’œil. Car on entre très vite dans le vif du sujet : peu de scènes explicatives et une première séquence particulièrement crue qui nous place tout de suite au cœur du bordel.

A l’heure du bilan :  malgré des scènes explicites, l’histoire va bien au-delà et on s’intéresse vite au quotidien de ces femmes, auquel s’ajoute une atmosphère victorienne de décadence, de meurtres et de rebondissements scénaristiques prometteurs. Les deux premiers épisodes sont enthousiasmants et on attend avec impatience la diffusion à l’antenne prévue pour octobre prochain.

Source…

Qu’en est-il de la saison 2 ?

Les dirigeants de Canal + ont décidés de prendre leur temps afin de corriger les erreurs du scénario de la saison 1 : « L’idée des scénaristes est de garder l’ambiance mais de donner plus de rythme au scénario » .

Dans un entretien accordé à Ozap Valérie Karsenti (Hortense) a confié :  « Maintenant il y a un énorme travail d’écriture. Je pense que Canal+ va tirer les leçons de la première saison et va améliorer ce qui doit l’être, ils vont être extrêmement vigilants et exigeants sur l’écriture. Donc là, ils vont prendre le temps ».L’actrice ajoute même : « Canal + s’est décidée à améliorer les faiblesses de la série. L’écriture jouera un rôle primordial et le tournage ne se fera pas sans un scénario au niveau. Je n’ai pas fait le tour d’Hortense, il s’agit d’un personnage trouble et complexe. « Le tournage n’a vraisemblablement pas encore commencé, donc au fur et à mesure on s’éloigne d’une probable diffusion de la saison 2 en 2011. 

>>Le site ici <<