Mon premier festival de séries

L'affiche
L’affiche

Chaque année, je bave devant la programmation de SériesMania, le festival dédié aux séries qui a lieu à Paris. Et cette fois-ci j’ai pu y aller. Je n’ai malheureusement pas pu aller à autant de soirées et débats que je le souhaitais mais j’ai profité d’une table ronde sur Les revenants très attrayantes bien que manquant de scènes coupées ou encore de making of. L’an prochain, SériesMania revient avec 2 jours de plus ! Réservez donc votre semaine du mardi 22 au mercredi 30 avril 2014 !

Séries Mania – Table ronde Secrets de fabrication : les revenants Samedi 27 avril à 17h00 animée par Olivier Joyard, journaliste séries et cinéma aux Inrockuptibles, réalisateur de documentaire.

Tableau design The Walking Dead

Personnes présentes

Fabien Ada (scénariste), Patrick Blossier (chef opérateur), Caroline Benjo et Jimmy Desmarais (producteurs, Haut et Court), Fabrice Gobert (créateur de la série), Véra Peltékian (chef de projet fiction, Canal+), Frédéric Pierrot (comédien).

1er temps : Echanges entre les invités et l’animateur

Retour sur la série et son historique. Les revenants est une série à succès qui sera bientôt exportée en Angleterre entre autre. La saison 1 comporte 8 épisodes, la saison 2 sortir fin 2014 sur le petit écran. Après avoir produit le film « Les revenants », Haut et Court voulait faire une série sur le même thème mais avait du mal à trouver l’axe par lequel la mettre en place. C’est alors qu’est arrivé Fabrice Gobert en 2010. Il commence par travailler sur la galerie des personnages, développe l’idée de deux jumelles n’ayant pas le même âge.

Tableau design True Blood

Un premier extrait est diffusé : le personnage de Camille rentre à la maison et se fait un sandwich quand elle croise sa mère qui la revoit pour la première fois depuis son décès. Le comédien Frédéric Pierrot prend la parole et décrit le tournage de ces scènes très prenantes. Il explique qu’elles lui ont demandé beaucoup de concentration et parfois des arrêts d’une demi-heure en plein tournage. La question omniprésente est la suivante : « Est-ce qu’on y croit ou pas ? » « Est-ce que c’est acceptable quelqu’un qui revient ? ».

                L’animateur aborde en suite la question du genre. Les invités parlent tout d’abord des affiches qui sont très fidèles au concept de la série. Celle-ci dépasse les codes du genre. La famille est très présente et le genre fantastique permet de rentrer dans la vie d’une petite ville de province et d’y trouver de l’intérêt. Dans la série, le mot « zombie » est prononcé, fait marquant : la fiction prend du recul face à son propre genre.

Victor, le personnage le plus effrayant des Revenants

                Un deuxième extrait est diffusé : celui de Victor suivant Julie à son arrêt de bus jusqu’à chez elle. La figure du petit garçon est une référence explicite au film « The shinning ». Ici, Fabrice Gobert transforme un petit garçon perdu en être maléfique et jongle sur ces deux acceptions tout au long de la série. La scène est quasiment tournée dans le noir. Véra Peltékian relève le fait qu’il existe un effet de compensation chez le public : celui-ci accepte de regarder une scène très diurne car il est captivé par l’intrigue qu’elle présente. Le temps passe normalement dans la scène, il n’est pas rapide. Le tournage est varié : certains jours présentent plus d’avancement que d’autres selon l’importance des scènes à mettre sur pellicule.

Le fameux papillon ressuscité

                Un troisième extrait s’affiche sur grand écran : la scène du papillon qui sort de son cadre sous verre. Il s’agit de la deuxième scène de la série après l’accident de bus. Cette scène est très importante et a été écrite très tôt. La caméra suit le papillon une fois sorti du cadre, il nous mène à un autre personnage. De nombreux effets spéciaux ont été utilisés ici mais restent peu visibles. La chanson « Wizard Motors » de « Mogwaï » était diffusée durant le tournage ce qui a permis un meilleur rapport son et image.

                Un quatrième extrait suit : celui de Simon devenant violant dans le snack pour pouvoir se nourrir. La référence à Twean Peaks avec l’établissement est visible. Le lieu existe vraiment à Annecy, tout comme le bar le Lake Pub présent dans les 8 épisodes. On perd nos références habituelles avec ces lieux qui paraissent éloignés mais ne le sont pas vraiment.

The Lake pub, le fameux.

                Un cinquième extrait résonne dans la salle de cinéma : Julie et sa copine gendarme tentent de partir de la ville mais font plusieurs fois le même trajet, comme piégées dans une boucle infernale. Les personnages se sentent entourés de zombies. Les prises de décision des personnages doivent être rapides mais la différence avec « The walking dead » est la présence de questions récurrentes : Comment gérer l’impossible ? La saison 1 ainsi que la saison 2 développent ce concept. Tout n’est pas dévoilé dans la saison 1 afin qu’il y ait une attente du spectateur. Deux années entre les deux saisons est un laps de temps beaucoup trop long. Il faut créer de la nouveauté dans la fidélisation du public avec de la remise en question, il s’agit d’un challenge pour Canal +.

Tableau design – Sex and the city

2nd temps : Questions du public

                Comment Fabrice Gobert va-t-il gérer la croissance de Victor l’un des personnages principaux sachant que l’acteur va grandir plus vite que son personnage ?

Fabrice Gobert répond qu’il prendra en compte ce facteur mais n’y a pas encore pensé. Entre l’écriture de la série et son tournage , des adaptations et changements sont effectués.

                Une abonnée à Canal + remercie les invités pour la qualité de leur série, elle demande : qu’en est-il des personnages de Serge et Toni ? On n’en a pas parlé aujourd’hui.

L’auteur de la série se refuse à livrer quoique ce soit sur la saison 2 mais explique qu’il a volontairement créé un réservoir de personnages lors de la première saison (il cite le prêtre par exemple) afin de ne pas créer trop de nouveaux personnages dans la saison 2 sans pour autant reprendre directement la saison 1.

                Une troisième personne demande : la référence à la religion chrétienne a-t-elle était une gêne ?

Pour Fabrice Gobert, non car elle fait partie de la série. La résurrection est présente dans la bible. Les personnages ont des avis très marqués vis-à-vis de leurs croyances, notamment Pierre et le prêtre.

                La personne suivante félicite les invités pour la série et déplore la durée de 8 épisodes dans la saison 1 seulement. Combien d’épisodes aura la saison 2 ?

La saison 2 aura 8 épisodes également. Chacun de ces derniers sera dense et laissera ouvert le champ des évolutions possibles.

                Un spectateur compare la série à Lost, une autre série de survie sur une île déserte. Il demande : la liberté artistique est-elle un gage de qualité pour une série ?

La productrice répond que Canal + laisse une liberté totale à la série avec les contraintes liées au format de la série simplement.

                Une dernière question est posée dans la salle : comment le casting de la série a-t-il été établi ?

Fabrice Gobert répond que cela s’est fait en fonction des personnages : les jumelles ont été difficiles à trouver. La volonté était de ne pas avoir de tête d’affiche, des personnes venant du théâtre. Frédéric Pierrot explique que les comédiens aiment cette série à cause des situations fortes et suspendues qu’elle présente. La tension a sur séduire les acteurs, qui en général, ont peur de tourner dans des séries. Il finit sur cette phrase : « la série permet d’approfondir les personnages comme c’est pas possibles dans les long-métrages ». « Les revenants » était pour lui une proposition innovante.

Le palmarès de SériesMania saison 4

Le Prix du public a été décerné à la série suédoise « Don’t Ever Wipe Tears without Gloves », diffusée en Suède par la télévision publique SVT. Cette mini-série en trois épisodes, créée par Jonas Gardell, se déroule au sein de la communauté gay de Stockholm, dans les 80. Véritable hymne à la liberté et à la vie, cette émouvante histoire d’amour revient sur les jours sombres de l’apparition du Sida, avec une réalisation et une interprétation magistrales.

Le jury de la presse internationale, réunissant cinq journalistes des médias suivants : Le Corriere della Sera (Italie), Variety (Etats-Unis), The Financial Times (Grande-Bretagne), Polskie Radio (Pologne) et Tages Anzeiger (Suisse), a décerné 3 prix aux 6 séries françaises en lice :

Meilleure actrice dans une série française : Anne Caillon, pour la série « Dos au mur« , produite par Mascaret Films et Project Images Films pour Chérie 25, nouvelle chaîne de la TNT. Créée par Cécile Gérardin, Hassan Mebarki et Charlotte Paillieux, ce huis clos sur la garde à vue sera diffusé à la rentrée sur Chérie 25.

Meilleur acteur dans une série française : Abdelhafid Metalsi pour la série « Cherif », créée par Laurent Scalese et Lionel Olenga. Produite par MakingProd, cette fiction policière sera diffusée prochainement sur France 2.

Meilleure série française : « Un village français » (saison 5), fresque historique créée par Frédéric Krivine, Philippe Triboit et Emmanuel Daucé, et produite par Tetra Media Fiction et Terego, sera diffusée à l’automne sur France 3.

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