Au bout du conte

Dans ce conte, les pommes ne sont pas empoisonnées

Qu’y a-t-il Au bout du conte ? Une question que se pose Agnès Jaoui dans ce film. 2013 serait donc le bout du conte, un temps durant lequel désormais la princesse se met dans des états pas possibles. Ce n’est plus elle qui perd sa pantoufle de verre mais bien son « prince » qui oublie sa pompe à une soirée. Elle doit lui courir après et non plus l’inverse. Il ne la réveille plus d’un doux baiser mais elle se prend une bonne claque dans la figure. Le prince charmant a donc bien changé mais le loup lui est toujours là, présent au coin du bois pour indiquer la mauvaise route au chaperon qui, naïf, s’est encore perdu.

Dans ce conte, les pommes ne sont pas empoisonnées

Autant de clin d’œil que l’on trouve tout au long de ce film qui ne porte finalement pas tellement sur les contes. Laura est jeune, un brin niaise et découvre les premières déceptions de l’amour avec Sandro puis Maxime. Sa tante Marianne (on remarque le presque anagramme de marraine qui n’est sûrement pas là pour rien) tente de reprendre son indépendance à travers la reprise en main de la conduite et de sa vie après une séparation : une nouvelle notion que l’on ne trouvait pas dans les contes de notre enfance. Sa fille, un peu agitée, lit la bible à longueur de journées et demande expressément à faire sa communion entre deux démangeaisons.

Le légendaire bal n'a pas été mis de côté

Pierre, apprend qu’il va mourir le 14 mars prochain par une voyante et commence à se remettre sérieusement en question. Qu’y a-t-il pour lui au bout du compte ? Peut-être des regrets et de la solitude. Il va devoir faire un travail d’introspection que nos héros de La belle au bois dormant et autre Petit Poucet ne font que très rarement. Les contes ne sont plus ce qu’ils étaient à en juger par la phrase finale : « Ils vécurent heureux et se trompèrent beaucoup… ».

Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri

Au bout du compte, ce film m’a plu, même si le détournement des codes du conte aurait pu peut-être donner lieu à une comédie plus drôle encore. J’avoue avoir eu du mal à rentrer dans le film les 20 premières minutes (peut-être à cause du pop corn de ma copine Laura que je mâchais un peu bruyamment) mais une fois installée dans le récit, les personnages m’ont beaucoup fait rire.

La belle au bois dormant ?

J’ai retrouvé la jeune actrice Agathe Bonitzer, déjà vue dans A moi seule, dans lequel elle incarnait une adolescente libérée par son ravisseur après avoir lié une relation particulière avec lui. Changement de registre pour cette interprète prometteuse. Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri sont tout à fait dans leur registre et nous font passer un bon moment. Un démarrage un peu long donc mais un enchantement et un humour bien présent au final. A noter : on s’empresse de télécharger Me and the devil de Gil Scott-Heron présent dans la Bande Originale.

Ce qu’ils en disent…

Les Inrocks

Télérama

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