Marius et Jeannette

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Marius et Jeanette, c’est avant tout le premier grand succès de Robert Guédiguian. Ses acteurs fétiches collent parfaitement à leurs rôles : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Pascale Robert, Jean-Pierre Darroussin… se donnent la réplique avec l’accent chantant sans aucune fausse note. Et ce n’est pas pour rien que Jean Pierre Darroussin porte le T-shirt « Fier d’être marseillais », il démontre par ce costume toute l’orgueil et la maladresse de son personnage qui nous fera bien rire d’ailleurs. Parce que ce film, touchant et attachant, c’est avant tout une histoire de subtilité et d’humour. Un humour chaleureux qui fait rire la salle comme chantent les cigales en été.

Mais voilà que je n’ai pas dévoilé le synopsis. Jeannette, caissière à plein temps, élève ses deux enfants, Magalie et Maleck, dans un quartier populaire du Sud de la France. Elle déteste Aix en Provence mais adore ses voisins qui le lui rendent bien. Une véritable petite communauté s’est créée dans leur courette où ragots et potins alimentent les conversations autant que les éclats de rire des protagonistes. Jeannette décide un jour de dérober deux pots de peintures à l’ancienne cimenterie dans laquelle travaillais son défunt père. Marius, le vigile de l’établissement en démolition ne l’entend pas de cette oreille et l’éconduit poliment. La verve de la jeune femme le séduit et il revient finalement lui porter lesdits pots de peinture avec en prime la volonté de donner un coup de main pour les travaux futurs.

A noter dans ce film, la musique plus que bien choisie : les scènes de vie quotidienne d’une famille vivant dans un quartier populaire sur un fond de quatre saisons de Vivaldi : L’été lorsqu’ils sont à la place et surtout Le printemps pendant l’immanquable bagarre dans le bar. Marius et Jeannette, c’est une histoire d’amour mais aussi d’amitié et finalement de simplicité. Lorsque l’on voit Magalie offrir une cassette audio (oui oui les K7 de face A et B durant 90 minutes maximum), on se dit qu’elle n’est pas plus malheureuse que nous avec nos Ipod, mp3 et notre besoin de vitesse et d’instantanéité de la possession. De quoi nous remettre les pendules à l’heure face à la société que nous construisons actuellement.

Une réplique phare : « Cet homme-là il a plus assez de musique dans le cœur pour faire danser sa vie ».

Article vu dans Le regard en plus

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