Repetto à la pointe du succès

Repetto-Shoes-Ballerines

Source : l’Express style

Les ballerines colorées, créées en 1947 by Rose Repetto, son devenues l’emblème de la marque.

La griffe de chaussons de danse et de ballerines branchées étoffe son offre en lançant une ligne de sacs.

Avec des airs de Raminagrobis ronronnant de satisfaction, Jean-Marc Gaucher sort du tiroir de son bureau une pièce à conviction jaunie: le catalogue Repetto 1999, année où il a racheté cette marque au bord du dépôt de bilan. Le dépliant met en scène des « chaussures de vieilles dames aux pieds sensibles », comme il les qualifie pudiquement, pour ne pas dire des mocassins incroyablement ringards. C’est cette griffe exsangue que Gaucher, auréolé de l’implantation à succès de Reebok en France, décide alors de remettre en selle. Jackpot: en dix ans, le chiffre d’affaires a été multiplié par huit. La griffe de danse, marquée au sceau d’un « made in France » désormais très en vogue, est plus en forme que jamais, et les magasins se multiplient: deux ouvriront ce printemps à Paris, et une vingtaine en Asie d’ici à l’été. 

Et Dieu créa la femme

« Repetto est avant tout une marque de danse, surtout pas de mode », rappelle Jean-Marc Gaucher, 58 ans, lui-même plus adepte de course à pied que d’entrechats. En 1947, Rose Repetto dessine un chausson de danse pour son étoile de fils, le danseur et chorégraphe Roland Petit. Qui lui adresse vite ses copains Noureïev et Béjart. En 1956, Brigitte Bardots’apprête à tourner Et Dieu créa la femme pour Roger Vadim et veut « une chaussure dénudée, qui laisse apercevoir la naissance des orteils ». La ballerine de rue est née. Dans les années 1970, Gainsbourg ne quitte pas ses Zizi, modèle créé par Rose Repetto pour sa belle-fille, Zizi Jeanmaire. Quand la fondatrice décède, en 1984, l’entreprise périclite. 

Les codes de la danse détournés

De ce fantastique héritage, l’imaginaire de la danse – une madeleine pour des générations de femmes -, Jean-Marc Gaucher a fait un génial outil de marketing. Le département danse de la griffe est dirigé par une ancienne danseuse de Béjart et Marie-Claude Pietragalla. « Pour chaque paire de chaussons vendue à l’Opéra de Paris, on perd de l’argent, car le sur-mesure coûte très cher, explique le dirigeant, mais c’est crucial pour notre image. » Dans la boutique amirale de la rue de la Paix, de vraies barres de danse sont fixées devant les miroirs. Et, pour le reste de la gamme, non professionnel, les codes de la danse sont toujours là, quitte à être détournés. Ainsi, les formes des chaussures – même à talons, une fantaisie autorisée depuis deux ans – doivent toujours être inspirées de la danse, tango, samba, mérengué ou jazz. Et la ligne de sacs qui sera lancée en mai a été conçue avec des danseurs de l’Opéra de Paris.

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