La presse féminine bat son plein

IMG_1301
Prémices de la presse féminine

Les principaux magazines féminins d’aujourd’hui sont apparus lors des grandes étapes de l’évolution des femmes. Rappelons qu’il fut un temps où la femme n’avait pas accès à l’éducation donc à la lecture.

La presse féminine a parcouru un bon bout de chemin avant d’être ce qu’elle est aujourd’hui. En effet, cette presse a vu ses origines au mouvement d’émancipation des femmes. En France, dès le XVIIIe siècle apparaissent des publications alors que les femmes commencent à jouer un rôle social plus visible: Le journal des Dames (1759-1788), Les Annales de l’Éducation et du Sexe (1790).

 

La Révolution Française sera particulièrement propice à l’éclosion de nouveaux titres. Cette presse a pris un essor particulier pendant les années d’après-guerre, années d’expansion économique, pour se remettre en question pendant les années 60, années de contestation. Elle s’est renouvelée au cours des années 80 avec Femme Actuelle comme leader. 

Pendant les années 90, années cocooning, la presse féminine se diversifie autour des centres d’intérêt majeurs des femmes comme la mode ou encore le bien-être, puis elle s’atomise avec la montée de l’individualisation.

Les années 2000, années de changement de génération, apportent un souffle d’inventivité (nouveaux formats, hors-série..) et voient apparaître des magazines de très forte proximité orientés vers l’optimisation de la vie.

La presse féminine aujourd’hui

Paulette, Causette ou Grazia, les titres apparus ces dernières années se démarquent du modèle des grands titres. Ces titres apparus ces dernières années dans le paysage de la presse féminine se démarquent du modèle des grands titres, par petites touches ou de façon radicale, tout en invitant les lectrices à participer à l’élaboration de leur magazine.

 

« La presse féminine est en ébullition. C’est inouï. Parmi toutes les familles de presse, c’est celle qui garde le plus d’avenir sur le papier », analyse Vincent Soulier, auteur de « Presse féminine la puissance frivole »

 

Dans un paysage déjà bien fourni entre Femme actuelle, Prima ou Elle, Grazia a repris les recettes qui marchent (mode, look, beauté…) et a rajouté sa touche personnelle: un soupçon de people « sans tomber dans le gossip », selon sa rédactrice en chef, Yseult Williams. Le ton se veut nouveau, « sans être minaudeur », marqué par une forte sensibilité aux questions de mode visant un public plus jeune et haut-de-gamme, qui diffère « des lectrices de Femme actuelle ou Prima » selon Vincent Soulier, tout en gardant un fort contenu publicitaire: 45 pages en moyenne par numéro.

Sorti en mars 2009, Causette a fait un autre choix: absence de revenus publicitaires afin de conquérir un lectorat déçu par les féminins. Le magazine s’adresse à « celles qui ne se retrouvent pas dans la presse féminine » et qui en ont « marre qu’on (les) prenne pour un porte-manteau ou un porte-monnaie », décrit Liliane Roudière, rédactrice en chef. Oubliées les rubriques mode, beauté, lifestyle et autre test psychologiques… Causette se proclame « magazine plus féminin du cerveau que du capiton ». « Le magazine renoue avec la tradition de la presse engagée et militante qui avait fleuri au moment des suffragettes dans les années 70″, commente Vincent Soulier. Dossier de l’été sur « l’angoisse du poil », article intitulé « Good morning clito! » ou « voyage en graisse » avant l’été. Liliane Roudière estime que la publication « ne se situe pas par rapport aux autres magazines, Causette se feuillette moins, se lit plus. On peut lire Marie-Claire et Causette à côté, ce n’est pas contradictoire ». Pour Vincent Soulier, «le modèle est encore fragile » avec ses 15.908 exemplaires vendus en moyenne pour chaque numéro en 2010, faute de moyens financiers conséquents eu égard à l’absence de revenus publicitaires.

Paulette et Causette partagent une forte dimension communautaire. Né autour du concept du participatif, Paulette, un pure Player (média né sur le web), a fait le pari d’une diffusion « virale » par Facebook et Twitter.

Les sections chiffons, silhouettes, culture ou actu coquettes rappellent un contenu traditionnel mais le site tranche en faisant participer ses lectrices. Selon Irène Olczak, « paulette en chef », « les gens peuvent créer un book sur le site pour proposer leurs illustrations, écrire ou être modèle, l’idée est que nous sommes toutes des Paulette« . Le magazine en ligne espère se lancer en version papier grâce à un système de « préabonnement » aux trois premiers numéros: si les abonnés atteignent les 3.000, le magazine pourra sortir en kiosque.

Dans le même registre, les Pétroleuses, « le magazine qu’on voudrait avoir comme copine » lancé fin 2010, voulait laisser une très grande place aux contributions des lectrices. Pour Vincent Soulier, il s’agissait d’une « over promesse »: « quand on fait de la dimension participative une sorte de leitmotiv, ça devient démagogique ». Faute de lectrices, le mensuel n’a pas édité son deuxième numéro.

Source – France2.fr et lapressefeminine.blogspot.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>