Arles et sa jeunesse tumultueuse

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Valentin  et son interview malicieuse

A bientôt 21 ans, Valentin a déjà réalisé un projet qui lui tient à cœur. Je le sais car il ne manque aucune occasion d’en parler et n’hésite pas à vendre à ses proches amis le fruit de sa passion.

Mais de quoi s’agit-il ? Du Gai savoir.

Qu’est-ce que c’est encore que ce nouveau concept jeune et décalé ? Que vient faire Valentin dans cette histoire ? C’est ce que j’ai pu lui demander dans une interview qu’il a bien voulu m’accorder. Peut-on être jeune, branché et réaliser un rêve en même temps ? Un exemple avec Valentin donc…

Qu’est-ce que le Gai savoir et d’où vient son nom ?

Qu’est ce que le Gai Savoir ? Hum… C’est assez vaste et varié. Techniquement c’est un journal. Un journal indépendant fait par des jeunes, qui parlent d’Arles, sur un ton plutôt sociologique, informatif et décalé, voire critique. Voilà. Ensuite le Gai Savoir c’est aussi une équipe, qui à la longue est devenue un groupe d’amis. De l’encre donc, mais aussi des larmes (de joie ou de spleen), de la sueur et du sang partagé, et des sourires, beaucoup de sourires, d’où le nom. Celui-ci vient du livre de Nietzsche. J’avais lu quelques bouquins de lui et beaucoup aimé la pensée. Contrairement à ce qu’on peut croire, il n’était pas si misanthrope. Il critique beaucoup, mais souvent il y a une tendresse très émouvante derrière. J’ai donc proposé de prendre un titre en référence à Nietzsche, parce que je pensais que ça collait bien à l’esprit. On a pensé à l’antéchrist mais ça faisait trop peur, Ecce Homo qui faisait trop pédant, pour finir sur le Gai Savoir. Ce qui a déterminé notre ligne éditoriale. Placere et Docere. Instruire et amuser comme diraient les romains. Bon, bien sûr, ça a fait pas mal de confusions par rapport à notre orientation sexuelle mais bon…

De quand date-t-il ? Combien y a-t-il de numéros ? Quel est son prix ? Où peut-on le trouver ?

Cela date de juin 2008. Les premières démarches. Le premier numéro est sorti en août. Il y a 6 numéros apériodiques pour l’instant (numéros avec dossiers, sortis pendant l’année), 12 numéros du quotidien qu’on a fait cet été, et trois numéros déconnants faits à un concours de journalisme, chaque année. Les apériodiques coûtent deux euros, les autres un euro. Mais si les trois numéros du concours ne se vendent pas officiellement. Au niveau des points de vente, on en pose en dépôt dans divers endroit à Arles. Dans des quartiers différents histoire de bien se diffuser, même si (et c’est un tort) on n’a pas encore déposé en banlieue. Et dans des commerces différents, glacier touristique, librairies connues, petit marchand de disques… Et bien sûr tous les samedis matin sur le marché paysan.

De quoi parle-t-il ? A qui s’adresse-t-il ?

Le lieu de prédilection est Arles, donc tous les articles y sont rattachés, même si la réflexion s’étend parfois au delà. Ensuite les sujets sont variés : dossiers sur la politique, des travaux faits, le patrimoine arlésien, prise d’ambiance de repas de quartier, interview de personnalités attachantes, du maire… (On n’a pas encore interviewé Edouard Baer). En essayant (du moins pour ma part) de mettre de l’humour et du vécu dans chaque article. Quand on n’est pas arlésien ça intéresse moins mais la plupart des articles sont de toute façon agréables à lire et posent des questions plus générales. Quant au public, c’est impossible de classer. On a beaucoup de bobos qui nous achètent, mais aussi des mecs de gauche ou d’extrême gauche, des amis jeunots, des vieux à qui on rappelait leur jeunesse envolée, des officiels voulant gagner de la popularité en étant ouverts…

Combien de personnes s’en occupent ?

On est environ 15 à s’en occuper. 7 filles et huit garçons. Mais l’implication varie selon les personnes. On a longtemps fait les numéros à quatre ou cinq faute de motivation de la part des autres. Néanmoins le quotidien a fédéré les membres et impliqué tout le monde. Ceux qui n’écrivaient pas faisaient le ménage, servaient au bar…

Quel est ton rôle à toi dans le gai savoir ?

Mon rôle à moi est varié. « J’m’appelle Winston Wolf, j’résous les problèmes ». Ah ah ah ah ! Non, plus sérieusement je faisais partie au début du noyau dur, des créateurs (même si je me suis un temps opposé à l’idée). Je faisais pas mal de démarches administratives avec un ami, dépôts en banque, papiers à remplir, et j’ai rédigé beaucoup d’articles, mais c’est dur à définir vu que le travail est commun. On peut faire une interview, demander de l’aide à un membre pour la rédiger, puis laisser les autres trouver le titre… Beaucoup d’articles sont collectifs. Jusqu’à il y a deux semaines j’étais trésorier. Je gérais les points de vente, vérifiant qu’il y avait toujours des gai savoirs déposés, et je mettais la pression pour les dépenses. Mais j’ai arrêté parce que j’en avais marre. C’est plutôt énervant de devoir dire « Non les gars faites pas n’importe quoi on ne va pas acheter une pizza avec l’argent du journal ! » alors que tu en meurs d’envie (mis à part que tu préfères trois fromages à Tartiflette). Maintenant je n’ai plus à gérer ça et je peux demander des conneries, comme acheter des Holsters pour le dernier quotidien.

Quels sont les projets à venir du Gai savoir ?

Les projets à venir ne sont pas exceptionnels par rapport à d’habitude. Un numéro en décembre (on voulait en faire un en septembre, mais bon… vacances… Fête… Glandouille… chaleur/piscine… Beaucoup de mots rhédhibitoires à un travail efficace. Ca s’écrit comme ça Rhédibittoire ? Je ne sais pas… – non, ça s’écrit : rédhibitoire). Et l’an prochain on refait un quotidien. Après on a pas mal de plans sur la comète comme on dit : Faire une extension à Lyon, vu qu’on y sera plusieurs, on voulait participer à une radio, faire un Web journal… Partir tous en voyage dans un pays lointain… C’est assez amusant. Vu qu’on est amis, on fait parfois des projets sans aucun rapport au journal, qui sont qué même des projets « Gai Savoir« . Même s’ils diffèrent selon les personnalités des membres. Voyage dans les balkans, camping sauvage, prise de pouvoir mondiale…

Penses-tu que le Gai savoir a sa place à côté d’autres hebdomadaires très connus comme Cosmopolitan, Glamour ou encore Modes et travaux ?

Ah ah ah ah ! Non, je ne pense pas qu’il ait sa place là. C’est vraiment différent comme journal. D’une part déjà c’est local, c’est assez dur de le vendre à Paris ou à Lyon, à part à des connaissances. Mais même à Avignon j’en ai vendu peu. Ensuite le public est différent. On a déposé plusieurs fois dans les maisons de la presse, ça n’a pas eu un succès fou. Peut être parce que les gens ne connaissent pas. Quand on va dans une maison de la presse, on cherche une revue précise, ou un domaine précis. Ceux qui cherchent les trucs alternatifs comme le Gai Savoir nous connaissent de toute façon. Après s’il a sa place au sens « leur arrive t’il à la cheville ? », bien sûr que non. On est jeunes, amateurs et indépendants. Cela n’est pas toujours moins bien : ça permet de vraiment s’attacher à ce qu’on fait et d’être sincères, mais nous n’avons rien de professionnel.

As-tu un contexte de lecture que tu recommanderais ?

Ah bah ça… Comme le disent nos affiches : le Gai Savoir, parfait pour vos cabinets. Cela permet de se détendre, et ainsi de pousser moins fort. On lit, on rit, on relâche les sphincters et on sort de l’épreuve moins transpirant et plus instruit. Non, ça peut se lire n’importe où. Pendant un apéro, pendant cinq minutes de trou… On peut aussi bien tout dévorer d’un coup ou le grignoter petit à petit…

Une anecdote de la rédaction ?

Une anecdote de la rédaction ? Il y en a des centaines de milliers, autant que de rêves dans le sourire d’une jeune fille, d’alcool dans le foie d’un étudiant ou que d’étoiles pour bercer la lune. Ca dépend du genre d’anecdotes. On pourrait citer la venue de Frédéric Mitterrand, qui a dépose 20 euros avant de partir comme un prince (ce qui nous a énervé), Martine Aubry, ou encore Michel Vauzelle. Il est passé au bar pendant le quotidien, boire un coup, puis deux trois avec nous, nous a demandé de lui dédicacer un mini poème, et raconté des conneries sur l’histoire machiste de la cravate. Il y a les articles que certains ont écrit bourrés, et leur réaction le lendemain, les apéros de lancement, lors des apériodiques, et leur fin, tantôt tragique, tantôt comique, les goûts musicaux désarmants… Tiens, une anecdote récente. La semaine dernière nous avons fait la réélection des membres du bureau, j’ai donc légué mon poste de trésorier à Eric Besatti, et nous avons mis en scène une passation de pouvoir improvisée. Il a dû plonger tout nu dans ma piscine afin d’aller chercher une boîte en métal que j’y avais jetée (elle était remplie des billets et des pièces du Gai Savoir), sur la musique de Fort Boyard. Je dois dire qu’il a très bien réussi. D’ailleurs, un seul poste n’a pas été réélu, c’est celui d’Arthur Bonneville. Un poste créé dans les statuts : chevalier gardien de la rose et du trésor. Il est inscrit dans nos statuts qu’il est nommé à vie, et que le poste ne pourra être transmis qu’aux descendants de sa lignée.

Ya-t-il des sujets tabous dans le gai savoir ?

Il y a trois sujets tabous au Gai Savoir : les mères, les soeurs, et l’urètre. Oui, parfois le machisme étend sa sombre cape sur tous les membres ^^

Le Gai savoir a-t-il déjà créé une polémique à travers un de ces articles ?

On n’a jamais vraiment créé de polémiques. On nous a souvent dit qu’on y allait un peu fort, mais jamais aucun des interviewés ou personnes cités n’a protesté. Suite à notre interview de Rabanel (que nous avons cordialement taclé comme il se doit), son attachée de presse a menacé de nous faire un procès mais il n’y a pas eu de suite. Ah, et si ! Il y a la mouvance des indignés, inspirés du livre de Stéphane Hessel. Ils sont venus nous voir suite à un article qui ne leur avait absolument pas plu, et on a eu du mal à les calmer. C’était pour une peccadille en plus. Deux trois mots mal employés. Une faute de notre part, certes, mais rien de terrible. Bon, on a calmé le jeu. Malheureusement ensuite l’huma a fait un article sur nous où ils ont plus tourné la chose comme si on les avait violemment critiqués. Mais ils n’ont pas dû le lire, et heureusement.

Quel est ton article préféré ?

Je n’ai pas particulièrement d’article préféré. Il y a de très bons articles, de qualité, souvent faits par Eric, mais ce ne sont pas mes préférés puisqu’ils ne m’ont pas captivé ou amusé, même si l’information était bien traitée. C’est très prétentieux mais j’aime beaucoup mes articles ah ah ah ! Et aussi des articles du quotidien qu’Arthur a faits. Mais c’est dur à dire, puisque Pierre a aussi une plume très amusante, et Vincent, notre critique d’art, possède une verve et une passion qui ferait aimer Jacques Louis David à un cafard albinos.

Te vois-tu journaliste à plein temps un jour  (pour le Gai savoir bien entendu)

Là aussi c’est difficile à dire. Pour le Gai Savoir peut être. Encore faudrait-il que ça me permette de manger. On n’a pas de subventions, et je ne sais pas si c’est vraiment viable sans subventions. Nous devrions sans doute le transformer, ce qui changerait l’esprit. Et puis… les rapports entre les membres seraient différents. Là on est une asso :  pas de bénéfices, on fait ça sur notre temps libre. Déjà qu’il y a parfois des prises de tête, si on devenait salariés ce serait pire.

Ecrire un journal, ça aide avec les filles ?

Pas forcément. Ca pourrait aider parce que c’est un projet assez fou, créé a partir de rien, mais tout le monde a sa passion qu’il développe comme ça et ses projets. Et on n’est pas des reporters de guerre, ou des journalistes qui voyagent, avec le côté baroudeur et vieux briscard qui attisent les étincelles dans le regard des filles. On est juste un groupe de jeunes qui fait un journal sur Arles ^^

Un mot pour la fin ?

Une phrase plutôt : viens nous voir l’an prochain pendant le quotidien, je te paierai un coup :)

Invitation accepted, il me tarde de rencontrer cet Arthur… peut-être sera-t-il le héros d’une prochaine interview qui sait ? Un grand merci à Valentin pour ces réponses généreuses et sa participation qu’il a acceptée sans hésitation aucune. Un ami, un vrai qui me manquera l’an prochain.

Valentin  et son interview malicieuse

A bientôt 21 ans, Valentin a déjà réalisé un projet qui lui tient à cœur. Je le sais car il ne manque aucune occasion d’en parler et n’hésite pas à vendre à ses proches amis le fruit de sa passion.

Mais de quoi s’agit-il ? Du Gai savoir.

Qu’est-ce que c’est encore que ce nouveau concept jeune et décalé ? Que vient faire Valentin dans cette histoire ? C’est ce que j’ai pu lui demander dans une interview qu’il a bien voulu m’accorder. Peut-on être jeune, branché et réaliser un rêve en même temps ? Un exemple avec Valentin donc…

Qu’est-ce que le Gai savoir et d’où vient son nom ?

Qu’est ce que le Gai Savoir ? Hum… C’est assez vaste et varié. Techniquement c’est un journal. Un journal indépendant fait par des jeunes, qui parlent d’Arles, sur un ton plutôt sociologique, informatif et décalé, voire critique. Voilà. Ensuite le Gai Savoir c’est aussi une équipe, qui à la longue est devenue un groupe d’amis. De l’encre donc, mais aussi des larmes (de joie ou de spleen), de la sueur et du sang partagé, et des sourires, beaucoup de sourires, d’où le nom. Celui-ci vient du livre de Nietzsche. J’avais lu quelques bouquins de lui et beaucoup aimé la pensée. Contrairement à ce qu’on peut croire, il n’était pas si misanthrope. Il critique beaucoup, mais souvent il y a une tendresse très émouvante derrière. J’ai donc proposé de prendre un titre en référence à Nietzsche, parce que je pensais que ça collait bien à l’esprit. On a pensé à l’antéchrist mais ça faisait trop peur, Ecce Homo qui faisait trop pédant, pour finir sur le Gai Savoir. Ce qui a déterminé notre ligne éditoriale. Placere et Docere. Instruire et amuser comme diraient les romains. Bon, bien sûr, ça a fait pas mal de confusions par rapport à notre orientation sexuelle mais bon…

De quand date-t-il ? Combien y a-t-il de numéros ? Quel est son prix ? Où peut-on le trouver ?

Cela date de juin 2008. Les premières démarches. Le premier numéro est sorti en août. Il y a 6 numéros apériodiques pour l’instant (numéros avec dossiers, sortis pendant l’année), 12 numéros du quotidien qu’on a fait cet été, et trois numéros déconnants faits à un concours de journalisme, chaque année. Les apériodiques coûtent deux euros, les autres un euro. Mais si les trois numéros du concours ne se vendent pas officiellement. Au niveau des points de vente, on en pose en dépôt dans divers endroit à Arles. Dans des quartiers différents histoire de bien se diffuser, même si (et c’est un tort) on n’a pas encore déposé en banlieue. Et dans des commerces différents, glacier touristique, librairies connues, petit marchand de disques… Et bien sûr tous les samedis matin sur le marché paysan.

De quoi parle-t-il ? A qui s’adresse-t-il ?

Le lieu de prédilection est Arles, donc tous les articles y sont rattachés, même si la réflexion s’étend parfois au delà. Ensuite les sujets sont variés : dossiers sur la politique, des travaux faits, le patrimoine arlésien, prise d’ambiance de repas de quartier, interview de personnalités attachantes, du maire… (On n’a pas encore interviewé Edouard Baer). En essayant (du moins pour ma part) de mettre de l’humour et du vécu dans chaque article. Quand on n’est pas arlésien ça intéresse moins mais la plupart des articles sont de toute façon agréables à lire et posent des questions plus générales. Quant au public, c’est impossible de classer. On a beaucoup de bobos qui nous achètent, mais aussi des mecs de gauche ou d’extrême gauche, des amis jeunots, des vieux à qui on rappelait leur jeunesse envolée, des officiels voulant gagner de la popularité en étant ouverts…

Combien de personnes s’en occupent ?

On est environ 15 à s’en occuper. 7 filles et huit garçons. Mais l’implication varie selon les personnes. On a longtemps fait les numéros à quatre ou cinq faute de motivation de la part des autres. Néanmoins le quotidien a fédéré les membres et impliqué tout le monde. Ceux qui n’écrivaient pas faisaient le ménage, servaient au bar…

Quel est ton rôle à toi dans le gai savoir ?

Mon rôle à moi est varié. « J’m’appelle Winston Wolf, j’résous les problèmes ». Ah ah ah ah ! Non, plus sérieusement je faisais partie au début du noyau dur, des créateurs (même si je me suis un temps opposé à l’idée). Je faisais pas mal de démarches administratives avec un ami, dépôts en banque, papiers à remplir, et j’ai rédigé beaucoup d’articles, mais c’est dur à définir vu que le travail est commun. On peut faire une interview, demander de l’aide à un membre pour la rédiger, puis laisser les autres trouver le titre… Beaucoup d’articles sont collectifs. Jusqu’à il y a deux semaines j’étais trésorier. Je gérais les points de vente, vérifiant qu’il y avait toujours des gai savoirs déposés, et je mettais la pression pour les dépenses. Mais j’ai arrêté parce que j’en avais marre. C’est plutôt énervant de devoir dire « Non les gars faites pas n’importe quoi on ne va pas acheter une pizza avec l’argent du journal ! » alors que tu en meurs d’envie (mis à part que tu préfères trois fromages à Tartiflette). Maintenant je n’ai plus à gérer ça et je peux demander des conneries, comme acheter des Holsters pour le dernier quotidien.

Quels sont les projets à venir du Gai savoir ?

Les projets à venir ne sont pas exceptionnels par rapport à d’habitude. Un numéro en décembre (on voulait en faire un en septembre, mais bon… vacances… Fête… Glandouille… chaleur/piscine… Beaucoup de mots rhédhibitoires à un travail efficace. Ca s’écrit comme ça Rhédibittoire ? Je ne sais pas… – non, ça s’écrit : rédhibitoire). Et l’an prochain on refait un quotidien. Après on a pas mal de plans sur la comète comme on dit : Faire une extension à Lyon, vu qu’on y sera plusieurs, on voulait participer à une radio, faire un Web journal… Partir tous en voyage dans un pays lointain… C’est assez amusant. Vu qu’on est amis, on fait parfois des projets sans aucun rapport au journal, qui sont qué même des projets « Gai Savoir« . Même s’ils diffèrent selon les personnalités des membres. Voyage dans les balkans, camping sauvage, prise de pouvoir mondiale…

Penses-tu que le Gai savoir a sa place à côté d’autres hebdomadaires très connus comme Cosmopolitan, Glamour ou encore Modes et travaux ?

Ah ah ah ah ! Non, je ne pense pas qu’il ait sa place là. C’est vraiment différent comme journal. D’une part déjà c’est local, c’est assez dur de le vendre à Paris ou à Lyon, à part à des connaissances. Mais même à Avignon j’en ai vendu peu. Ensuite le public est différent. On a déposé plusieurs fois dans les maisons de la presse, ça n’a pas eu un succès fou. Peut être parce que les gens ne connaissent pas. Quand on va dans une maison de la presse, on cherche une revue précise, ou un domaine précis. Ceux qui cherchent les trucs alternatifs comme le Gai Savoir nous connaissent de toute façon. Après s’il a sa place au sens « leur arrive t’il à la cheville ? », bien sûr que non. On est jeunes, amateurs et indépendants. Cela n’est pas toujours moins bien : ça permet de vraiment s’attacher à ce qu’on fait et d’être sincères, mais nous n’avons rien de professionnel.

As-tu un contexte de lecture que tu recommanderais ?

Ah bah ça… Comme le disent nos affiches : le Gai Savoir, parfait pour vos cabinets. Cela permet de se détendre, et ainsi de pousser moins fort. On lit, on rit, on relâche les sphincters et on sort de l’épreuve moins transpirant et plus instruit. Non, ça peut se lire n’importe où. Pendant un apéro, pendant cinq minutes de trou… On peut aussi bien tout dévorer d’un coup ou le grignoter petit à petit…

Une anecdote de la rédaction ?

Une anecdote de la rédaction ? Il y en a des centaines de milliers, autant que de rêves dans le sourire d’une jeune fille, d’alcool dans le foie d’un étudiant ou que d’étoiles pour bercer la lune. Ca dépend du genre d’anecdotes. On pourrait citer la venue de Frédéric Mitterrand, qui a dépose 20 euros avant de partir comme un prince (ce qui nous a énervé), Martine Aubry, ou encore Michel Vauzelle. Il est passé au bar pendant le quotidien, boire un coup, puis deux trois avec nous, nous a demandé de lui dédicacer un mini poème, et raconté des conneries sur l’histoire machiste de la cravate. Il y a les articles que certains ont écrit bourrés, et leur réaction le lendemain, les apéros de lancement, lors des apériodiques, et leur fin, tantôt tragique, tantôt comique, les goûts musicaux désarmants… Tiens, une anecdote récente. La semaine dernière nous avons fait la réélection des membres du bureau, j’ai donc légué mon poste de trésorier à Eric Besatti, et nous avons mis en scène une passation de pouvoir improvisée. Il a dû plonger tout nu dans ma piscine afin d’aller chercher une boîte en métal que j’y avais jetée (elle était remplie des billets et des pièces du Gai Savoir), sur la musique de Fort Boyard. Je dois dire qu’il a très bien réussi. D’ailleurs, un seul poste n’a pas été réélu, c’est celui d’Arthur Bonneville. Un poste créé dans les statuts : chevalier gardien de la rose et du trésor. Il est inscrit dans nos statuts qu’il est nommé à vie, et que le poste ne pourra être transmis qu’aux descendants de sa lignée.

Ya-t-il des sujets tabous dans le gai savoir ?

Il y a trois sujets tabous au Gai Savoir : les mères, les soeurs, et l’urètre. Oui, parfois le machisme étend sa sombre cape sur tous les membres ^^

Le Gai savoir a-t-il déjà créé une polémique à travers un de ces articles ?

On n’a jamais vraiment créé de polémiques. On nous a souvent dit qu’on y allait un peu fort, mais jamais aucun des interviewés ou personnes cités n’a protesté. Suite à notre interview de Rabanel (que nous avons cordialement taclé comme il se doit), son attachée de presse a menacé de nous faire un procès mais il n’y a pas eu de suite. Ah, et si ! Il y a la mouvance des indignés, inspirés du livre de Stéphane Hessel. Ils sont venus nous voir suite à un article qui ne leur avait absolument pas plu, et on a eu du mal à les calmer. C’était pour une peccadille en plus. Deux trois mots mal employés. Une faute de notre part, certes, mais rien de terrible. Bon, on a calmé le jeu. Malheureusement ensuite l’huma a fait un article sur nous où ils ont plus tourné la chose comme si on les avait violemment critiqués. Mais ils n’ont pas dû le lire, et heureusement.

Quel est ton article préféré ?

Je n’ai pas particulièrement d’article préféré. Il y a de très bons articles, de qualité, souvent faits par Eric, mais ce ne sont pas mes préférés puisqu’ils ne m’ont pas captivé ou amusé, même si l’information était bien traitée. C’est très prétentieux mais j’aime beaucoup mes articles ah ah ah ! Et aussi des articles du quotidien qu’Arthur a faits. Mais c’est dur à dire, puisque Pierre a aussi une plume très amusante, et Vincent, notre critique d’art, possède une verve et une passion qui ferait aimer Jacques Louis David à un cafard albinos.

Te vois-tu journaliste à plein temps un jour  (pour le Gai savoir bien entendu)

Là aussi c’est difficile à dire. Pour le Gai Savoir peut être. Encore faudrait-il que ça me permette de manger. On n’a pas de subventions, et je ne sais pas si c’est vraiment viable sans subventions. Nous devrions sans doute le transformer, ce qui changerait l’esprit. Et puis… les rapports entre les membres seraient différents. Là on est une asso :  pas de bénéfices, on fait ça sur notre temps libre. Déjà qu’il y a parfois des prises de tête, si on devenait salariés ce serait pire.

Ecrire un journal, ça aide avec les filles ?

Pas forcément. Ca pourrait aider parce que c’est un projet assez fou, créé a partir de rien, mais tout le monde a sa passion qu’il développe comme ça et ses projets. Et on n’est pas des reporters de guerre, ou des journalistes qui voyagent, avec le côté baroudeur et vieux briscard qui attisent les étincelles dans le regard des filles. On est juste un groupe de jeunes qui fait un journal sur Arles ^^

Un mot pour la fin ?

Une phrase plutôt : viens nous voir l’an prochain pendant le quotidien, je te paierai un coup :)

Invitation accepted, il me tarde de rencontrer cet Arthur… peut-être sera-t-il le héros d’une prochaine interview qui sait ? Un grand merci à Valentin pour ces réponses généreuses et sa participation qu’il a acceptée sans hésitation aucune. Un ami, un vrai qui me manquera l’an prochain.

 

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